Le Président Bassirou Diomaye Faye a invité les pays africains à prendre en main leur souveraineté sécuritaire. Il s’exprimait ce lundi à l’occasion de la 10e édition du Forum Internationale de Dakar sur la Paix et la sécurité qui se tient à Dakar du 20 au 21 avril 2026.
« L’Afrique ne doit plus se contenter d’être le centre des convoitises entre grandes puissances, ni de rivalités énergétiques et minières. Elle ne doit pas non plus rester spectatrice de la recomposition en cours des équilibres mondiaux. Nous devons en être des acteurs plus dynamiques et à part entière ». C’est le plaidoyer lancé ce lundi 20 avril 2026, lors de la cérémonie d’ouverture de la 10e édition du Forum Paix et Sécurité, à Dakar.
Selon le Chef de l’Etat sénégalais, le continent africain doit clairement assumer sa souveraineté. « Nous ne devons plus accepter que notre agenda sécuritaire soit défini ailleurs ; que nos priorités soient dictées par des intérêts étrangers ; notre espace stratégique soit occupé sans notre consentement », a-t-il déclaré. Bassirou Diomaye Faye, la souveraineté c’est aussi et surtout une réalité intérieure. « Elle doit être stratégique, économique mais de nos jours elle doit également être numérique », affirme-t-il, avant d’ajouter que « la prospérité ne nait pas de l’abondance des ressources, mais de notre capacité à les gouverner ».
Il déclare que nos ressources ne doivent plus alimenter uniquement les industries d’ailleurs. « Elles doivent propulser celles présentes sur le continent selon la règle : extraire chez nous, transformer chez nous et vendre à un prix juste ! C’est ça le moteur de notre transformation structurelle », plaide-t-il.
Cependant, relève le Président de la République du Sénégal, « même avec une pleine souveraineté acquise, aucun pays, ni aucun continent ne peut triompher seul face à ces menaces sécuritaires ». D’après lui, « toute solution efficace ne le sera que collectivement ».
En outre, pour résoudre problèmes de sécurité en Afrique, Bassirou Diomaye Faye formule six recommandations : la consolidation des mécanismes de prévention, d’alerte précoce et de rétablissement de la paix du continent ; l’opérationnalisation des différentes forces en attente au niveau régional ou continental. Ces entités doivent agir en complémentarité avec les forces onusiennes sur le Continent avec des mandats clairement définis, des financements plus stables, plus prévisibles et davantage maîtrisés par les États africains eux-mêmes ; le Renforcement de la coopération et de la solidarité régionales pour contrer l’expansion du terrorisme vers les Etats côtiers et assoir une industrie de défense à l’échelle continentale pour un meilleur approvisionnement en équipements militaires ; mieux valoriser le dividende démographique que constitue la jeunesse à travers des investissements dans l’éducation et la formation, y compris dans la digitalisation et le numérique pour favoriser l’emploi ; c’est une manière efficace de lutter contre l’endoctrinement et la radicalisation ; renforcer la gouvernance des ressources énergétiques et minières, et promouvoir une valorisation de ces ressources avec une industrialisation progressive sur toute la chaine de valeur et travailler à une meilleure intégration du Continent sur la base des mécanismes existants comme la Zone de libre-échange continentale (ZLECAF) et les autres mécanismes de coordination des secteurs de la santé, de l’agriculture, des infrastructures, inclus dans l’agenda 2063.
Pour Diomaye, « la paix et la sécurité sont indissociables du développement ».
Par Dieynaba TANDIANG

































