En marge de la dernière journée des salons SENEFOOD & SENEPACK, SENAGRO et BCH Expo 2026, M. Amadou Gaye, Président de la fédération nationale des boulangers du Sénégal et nouveau président de la confédération africaine de la filière boulangerie-pâtisserie, estime qu’ils importent 1 million de tonnes de blé. Il s’exprimait au cours d’un panel sur le thème : « Cap sur l’autonomie alimentaire par la Valorisation des céréales locales et l’excellence de la formation et de l’innovation boulangère en Afrique ».
« Nous voulons exposer les problèmes de la boulangerie sénégalaise mais nous sommes là pour donner des solutions au gouvernement du Sénégal. Vous avez la présence du Directeur de l’industrie, des PME. Pour nous, il faut changer nos habitudes alimentaires, il faut que les sénégalais consomment autrement, il faut que le pain qui est certes un produit social doit être accompagné pour la transformation de nos produits locaux. Ce que nous voulons aujourd’hui, c’est de mettre du pain, on ne peut pas laisser du pain blanc mais au moins avoir le pain composé tous les jours. Et c’est pourquoi, il faut un processus, comment appuyer la chaîne agriculture, qui est important, comment faire en sorte qu’on ait un rendement important sur le mil et le maïs », souligne M. Gaye.
Il rajoute : « J’ai dit tout à l’heure que c’est tellement utopique de vouloir nous parler de la culture du blé. C’est pourquoi, j’ai dit, mettons toute notre source et notre énergie sur la culture de nos céréales qui peuvent être bien cultivés ici comme le mil, le maïs, le sorgho. Avec ces céréales-là, on peut faire ce qu’on appelle une politique import substitution. Aujourd’hui, nous importons 1 million de tonnes de blé. Je dis bien, imaginons, on dit que, on importe uniquement 800 000 tonnes de blé, les 20%, on remplace ça avec nos céréales mais toute la chaîne de valeur, c’est des milliards. Prenez 20 000 que tu multiplies par 600 000F, vous verrez combien de milliards qu’on peut avoir, cela donne des milliards pour le producteur, pour la transformation et pour les boulangers, c’est ça que nous demandons, il n’y a pas autre chose. Donc, si on veut sauver la boulangerie sénégalaise, c’est aller dans ça et aussi faire ce qu’on appelle l’application du décret 22-77 ».
Il estime que les consommateurs, ont toujours l’habitude de dire que le pain est mauvais, ce n’est pas bon pour nous, le pain fait grossir, tout ça, c’est parce qu’ils mangent du pain qui n’est pas bien fait.
Il conclut : « Si vous mangez un bon pain, ça vous apporte quelque chose et pour cela, il faut la formation. C’est pour cela, nous avons une école de formation. Une personne qui fait 30 ans dans une boulangerie sans formation, elle ne pourra jamais vous dire le rôle du sel dans le pain, il ne pourra jamais vous dire, c’est quoi la fermentation, c’est quoi les arômes. Notre premier défi, c’est d’installer des écoles de formation au niveau des pays africains avec l’appui des institutions financières qui peuvent donner des subventions. Voilà le combat que nous voulons mener. Le Sénégal est en avance sur certains types de formations mais notre défi aujourd’hui, c’est aller vers la formation. Le pain est un métier, c’est un savoir-faire et nous sommes fiers d’être des boulangers ».
Par Massaër DIA


































