N’est pas temps pour le président Bassirou Diomaye Faye de compter ses amis au moment où la guerre est déclarée et ouverte entre lui et Ousmane Sonko ?
Des absences remarquées lors du rassemblement de ce samedi au King Fahd Palace : celles de ministres et chefs de parti ou de mouvement politique qui n’ont pas daigné afficher leur soutien à Bassirou Diomaye Faye. Le chef de l’Etat qui célébrait la naissance de son parti politique n’a pas eu droit au soutien, du moins publiquement de certains de ses ministres.
Dethié Fall, ministre des Infrastructures, Moustapha Guirassy, ministre de l’Education nationale ; Boubacar Camara, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation ; Cheikh Tidiane Dieye, ministre de l’Hydraulique de l’Assainissement ; pour ne citer que ceux-là, n’ont pas marqué leur adhésion au parti Kiiray, les patriotes républicains, ni même exprimé un quelconque soutien en faveur de cette nouvelle formation politique.
Ils ne sont certes pas membres de Pastef, le parti d’Ousmane Sonko, mais n’ont pas également annoncé leur départ de la coalition APTE, l’ennemi juré de la coalition Diomaye, devenue depuis ce weekend, Kiiraay.
Une situation d’autant plus délicate, que le chef de l’Etat a entamé une purge contre des responsables de Pastef. Beaucoup ont été défenestrés du gouvernement et d’autres, à la tête de directions publiques, dont les noms circulent, devraient suivre.
Pourquoi dès lors, des ministres dont la proximité politique avec Ousmane Sonko n’est jusqu’à présent pas remise en cause, continuent de siéger dans le gouvernement ?
L’occasion leur a été offerte samedi, de prendre position en faveur du Président Diomaye. Leur présence à l’assemblée générale constitutive du parti Kiiraay pourrait ouvrir les voies d’une future alliance politique, à défaut d’une dissolution de leurs formations politiques respectives dans le parti présidentiel.
À l’état actuel des choses, les partisans du président Diomaye ont de bonnes raisons de croire que ces responsables travaillent pour Ousmane Sonko et pour Pastef.
Ils doivent démissionner du gouvernement ou se faire démettre par le chef de l’Etat. La confiance devrait être le premier critère de désignation des collaborateurs du président de la République. Et connaissant la propension d’Ousmane Sonko à déballer sur la place publique les dossiers de l’Etat, garder ses amis dans les plus hautes stations du pays, ne serait pas le meilleur gage de préservation de la quiétude de la République. Par Bababacr DIONE



































