Les jeunes opérateurs économiques n’en peuvent plus de la pression fiscale et des l’alourdissement des taxes douanières. Dans ce communiqué, le cadre de Réflexion des Jeunes entrepreneurs appelle à une réforme profonde du système douanier et à la mobilisation pour éviter la sauvegarde de leurs intérêts.
Le Cadre de réflexion des jeunes entrepreneurs se dit profondément inquiét face à la dégradation continue de l’environnement des affaires au Sénégal, marquée par l’alourdissement des charges fiscales et des taxes douanières qui étouffent progressivement les initiatives privées et compromettent la survie de nombreuses entreprises.
Depuis plusieurs mois, indique le communiqué dont copie nous est parvenue hier, « les jeunes entrepreneurs, les importateurs, les acteurs du BTP et de nombreux opérateurs économiques subissent les conséquences de pratiques douanières que nous jugeons abusives et disproportionnées ». Selon la source, cette situation fragilise davantage des secteurs déjà confrontés à un contexte économique difficile, réduit les capacités d’investissement et menace des milliers d’emplois.
« Plus préoccupant encore, pour des autorités qui se réclament du souverainisme économique, les réalités observées sur le terrain donnent le sentiment que les entreprises étrangères bénéficient souvent de davantage de protection et de considération que les entreprises nationales. Celles-ci accèdent plus facilement à certains marchés et voient leurs intérêts davantage préservés, tandis que de nombreux entrepreneurs sénégalais, qui ont pourtant investi leurs ressources, bâti leurs entreprises avec détermination et créé des emplois pour leurs compatriotes, peinent à obtenir l’accompagnement et la protection nécessaires à leur développement », dénonce le Cadre des Jeunes entrepreneurs.
Pour eux, cette situation nourrit un « profond » sentiment d’injustice et « érode » la confiance des acteurs économiques nationaux. Par ailleurs, « le Cadre de réflexion des jeunes entrepreneurs dénonce « avec vigueur » cette pression fiscale et douanière qui pèse lourdement sur les activités génératrices de revenus. Loin de favoriser l’émergence d’un secteur privé fort et compétitif, ces mesures contribuent à la fermeture d’entreprises, à la contraction des investissements et à l’aggravation des difficultés économiques.
« Nous sommes particulièrement préoccupé par la situation de notre camarade Khadim Ba. Un simple litige avec l’administration douanière lui vaut aujourd’hui une détention dont l’issue semble désormais conditionnée à un règlement à l’amiable avec les services des douanes. Au-delà du cas individuel, cette situation soulève de sérieuses interrogations sur la sécurité juridique des investisseurs et sur le traitement réservé aux entrepreneurs nationaux », ont-ils fait part. Pour les jeunes entrepreneurs, le maintien en détention de Khadim Ba ne sert ni les intérêts de l’économie nationale, ni ceux des centaines de travailleurs qui dépendent directement ou indirectement de ses activités. « Lorsqu’un différend administratif ou fiscal prend une tournure susceptible de compromettre la continuité d’une entreprise, ce sont des familles entières qui en subissent les conséquences. Le développement économique du Sénégal ne peut se construire dans un climat de méfiance où les créateurs de richesse se sentent davantage exposés que protégés », ont-ils alerté. Ils estiment, en outre, que les litiges de cette nature doivent trouver des solutions conformes au droit, en privilegiant la préservation de l’outil de production, la sauvegarde des emplois et la protection des intérêts économiques nationaux.
Compte tenu de tout cela, le Cadre de réflexion des jeunes entrepreneurs appelle à une réforme profonde du Code des douanes, rendue urgente par les nombreux dysfonctionnements constatés. D’après eux, cette réforme doit impérativement soumettre toute enquête ou poursuite douanière au contrôle effectif d’une autorité judiciaire indépendante, afin de garantir que les allégations formulées par l’administration des douanes reposent sur des bases factuelles solides et vérifiables, et non sur des appréciations arbitraires. « Il en va de la protection de l’ensemble des opérateurs économiques, du secteur formel comme informel, contre les abus et les incohérences procédurales qui fragilisent aujourd’hui des centaines d’entreprises », rajoute-on dans le communiqué.
Pour le cadre des jeunes entrepreneurs, cette réforme doit également instaurer une équité réelle dans le traitement des acteurs économiques et créer les conditions d’un environnement propice à l’investissement, à la création d’emplois et à la croissance durable. Face à cette réalité, ils lancent un appel à la mobilisation générale des entrepreneurs, des importateurs, des vendeurs de téléphones, des marchands ambulants, des acteurs du BTP et de l’ensemble des forces vives du secteur privé, afin d’exiger des autorités la sauvegarde de leurs intérêts et la protection de leurs activités. « Sans une réaction forte et concertée, notre économie continuera de s’enfoncer dans une spirale de difficultés dont les conséquences seront lourdes pour les entreprises, les travailleurs et les familles », ont-ils laissé entendre.
Par Dieynaba TANDIANG

































