L’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD), en partenariat avec l’African Population and Health Research Center (APHRC), organise du 10 au 11 septembre 2026, un Media Training destiné aux chercheurs et cadres seniors. Ce Media Training animé par les formateurs expérimentés, vise à renforcer les capacités des participants en communication face aux médias, entre autres.
« Les chercheurs ne sont pas toujours les mieux placés pour parler de leurs recherches ». Le constat du Directeur régional de l’African Population and Health Research Center (APHRC), Dr Cheikh Mbacké Faye, sonne comme un avertissement.
À l’ouverture du media training organisé avec l’Association des journalistes en santé, population et développement (AJSPD), il a plaidé pour une nouvelle manière de faire circuler la science pour la rendre plus simple, plus accessible et surtout plus utile à la société. Pour le Directeur régional de l’APHRC, qui intervient dans plus de 35 pays en Afrique et au-delà, la recherche ne peut véritablement servir le développement si ses résultats restent enfermés dans le langage scientifique. « Les chercheurs sont bien préparés à faire la recherche, mais ils ne sont pas très bien préparés à communiquer cela », a-t-il souligné. Avant de dire qu’il est temps de transformer la recherche en information utile en faisant tomber la barrière entre la recherche, les médias et les citoyens. Les résultats des études doivent être « traduits » et « distillés » dans un langage compréhensible par tous, afin d’éclairer les décisions et de répondre aux préoccupations des communautés.
Dr Cheikh Mbacké Faye considère ainsi les journalistes comme des maillons essentiels de cette chaîne. L’objectif n’est pas seulement de rendre les chercheurs plus à l’aise face aux médias, mais de leur apprendre à identifier les bons messages, trouver les mots justes et utiliser les mécanismes appropriés pour faire comprendre la portée de leurs travaux. Mais il refuse de réduire cette initiative à deux jours de formation. « Une seule session ne va pas suffire », prévient-il. Il appelle à un accompagnement dans la durée, à d’autres sessions et surtout à un engagement continu des équipes afin que les enseignements soient pratiqués, évalués et améliorés.
Cette ambition rejoint pleinement celle de l’AJSPD. Sa Secrétaire générale, Viviane Diatta, Représentante le président Eugène Kaly, a rappelé que le Media Training « Vulgariser la science, maîtriser les médias » s’inscrit dans le protocole d’accord liant les deux organisations. Valoriser les résultats de recherche, renforcer les capacités des journalistes et des chercheurs et assurer une diffusion fidèle et percutante des connaissances : tel est le pari de ce partenariat.
Pour Dr Cheikh Mbacké Faye, l’AJSPD joue précisément ce rôle de pont entre les instituts de recherche et les médias, en contribuant à combler un « gap » longtemps persistant. La collaboration, déjà étendue à plusieurs pays africains, notamment au Kenya, entend ainsi franchir un nouveau cap. À l’APHRC comme à l’AJSPD, le message est clair : une recherche qui n’est pas comprise risque de rester une recherche qui ne change rien.
Par Idrissa NIASSY



































