Représentant le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Julien Ngane Ndour, Directeur des droits humains dans ce Département, a placé le droit à l’eau et à l’assainissement au cœur des responsabilités publiques. Pour lui, l’enjeu dépasse largement l’accès à une ressource : il touche à la dignité, à la santé, à l’égalité et à la paix en Afrique. « L’eau n’est pas seulement une ressource essentielle au quotidien. Elle est aussi une question de dignité, de paix, d’éducation, d’égalité, de développement et de santé », a martelé le Représentant du ministre de la Justice.
Une réalité particulièrement lourde pour les populations vulnérables, notamment les femmes et les filles, qui supportent encore une part disproportionnée de la pénurie. « Une fille qui doit aller chercher de l’eau au lieu d’aller à l’école, une femme qui consacre plusieurs heures par jour à cette tâche, un élève qui ne peut disposer de sanitaires sûrs : ce ne sont pas seulement des problèmes sociaux, ce sont des atteintes aux droits fondamentaux », a-t-il souligné.
Pour lui, le défi est désormais de transformer le droit reconnu à l’eau potable et à l’assainissement en un droit réellement exercé. « La responsabilité première incombe aux États », a-t-il insisté, appelant les pouvoirs publics à planifier, investir, réguler, protéger les ressources et garantir des services accessibles, particulièrement aux plus vulnérables. Mais l’efficacité ne saurait se mesurer au nombre d’infrastructures inaugurées. « Le véritable indicateur de succès ne devra pas être le nombre de projets lancés ou d’infrastructures inaugurées, mais le nombre de vies durablement améliorées », a-t-il lancé.
Julien Ngane Ndour a également établi un lien direct entre crise de l’eau, gouvernance et stabilité institutionnelle. Instabilité politique, conflits, urbanisation rapide, croissance démographique, pollution et changement climatique fragilisent l’accès à la ressource. D’où la nécessité, selon lui, d’une action publique continue et coordonnée, articulant politiques de l’eau, environnementales, climatiques, agricoles, urbaines et sociales.
Au Sénégal, il a cité les concertations nationales sur l’eau et l’assainissement de 2024, destinées à associer l’ensemble des acteurs autour d’une gouvernance fondée sur la transparence, la redevabilité et l’équité. Il a surtout appelé la société civile à dépasser le seul rôle d’interpellation pour devenir un véritable partenaire des politiques publiques. Il a profité de cette occasion pour lancer un avertissement qui résonne comme une feuille de route : « ne plus mesurer notre action à la hauteur de nos déclarations, mais à la hauteur des résultats obtenus pour nos populations ». Car, a-t-il rappelé, « les générations futures ne nous demanderont pas combien de fois nous avons parlé de l’eau ; elles demanderont ce que nous avons fait pour qu’elle soit accessible à tous ».



































