« Rendez à César ce qui appartient à Cesar ». Il faut reconnaître à Pastef et à son leader, Ousmane Sonko, leur rôle d’inspirateur du jeu politique sénégalais. Sa dernière illustration est la relance du débat sur les commissions d’enquête parlementaire suscitée par la toute récente sortie d’Ousmane Sonko.
Nous ne poserons pas aujourd’hui le débat sous l’angle de l’utilité ou pas des commissions d’enquête parlementaire. Celles -ci n’ont, à vrai dire, jamais eu les résultats pour lesquels elles ont été formées.
Ni pour l’éclatement de la vérité dans les dossiers à elles confiés. Et encore, elles n’ont réussi à décourager ceux qui ont tendance à s’accaparer des fonds publics.
C’est peut-être pour cela que les commissions d’enquête parlementaire n’ont jamais eu bonne presse au niveau de l’opinion et de l’opposition sénégalaise, en particulier.
A commencer par Ousmane Sonko, himself, qui a refusé de se présenter devant une commission d’enquête parlementaire. « C’est une manière de noyer le poisson dans l’eau », se défendait-il.
Mais là n’est pas le débat.
Après plusieurs semaines de mutisme, Sonko a fait une rentrée fracassante en revenant au cœur du débat politique.
Que n’a-t-on pas entendu ces derniers jours ?
« Il se cache », « il négocie avec Diomaye », « il veut demander l’exil » …
Il a suffi d’une sortie du leader de Pastef pour changer les termes du débat national ou en tout cas, placer le curseur du jeu politique là où il veut qu’il soit.
Toute la classe politique sénégalaise regarde là où Sonko pointe son doigt et rivalise d’ardeur pour réagir sur les commissions d’enquête parlementaire que les députés de Pastef veulent instituer.
Tout parti, tout leader politique rêve d’être au centre des débats agités au sein de l’opinion, mieux encore en être l’instigateur ou l’inspirateur.
C’est ce pari qu’a réussi Ousmane Sonko. À quelques encablures d’une élection générale comme les législatives.
La réaction désinvolte de l’opposition, en l’occurrence des responsables de Kiiraay quand Pastef déroulait sa stratégie y est pour beaucoup.
Lorsque les premières commissions d’enquête parlementaire se sont penchées sur le programme « un étudiant un ordinateur » et sur les dossiers du patrimoine bâti, le gouvernement a laissé faire.
L’Etat a laissé ses fonctionnaires à la merci de députés, s’en prenant à cœur joie pour humilier l’administration sénégalaise.
« Est ce que vous avez le certificat d’étude ? », « … et le BFEM? », s’est permis de demander un député « enquêteur » à un fonctionnaire. Une attitude défiant les règles élémentaires régissant ces commissions d’enquête.
Tous ceux qui ont manifesté leur désapprobation se sont plutôt offusqués qu’elles ne se soient pas intéressées aux dossiers sur lesquels le leader de Pastef est cité.
Aujourd’hui que les députés de Pastef ont décidé d’élargir le champ d’expansion des commissions d’enquête parlementaire, ils poussent leurs détracteurs à devoir se justifier. Mieux, ils continuent à alimenter le débat politique national.
Par Babacar DIONE
´




































