La question du leadership au sein de l’Organisation des Nations unies revient avec acuité dans un contexte international marqué par la persistance des conflits et l’essoufflement du multilatéralisme. Dans ce cadre, l’éventualité de voir une personnalité africaine comme Macky SALL accéder au poste de Secrétaire général ouvre des perspectives nouvelles, notamment pour des régions en crise comme la Région des Grands Lacs africains.
Une région au cœur des instabilités africaines
Depuis plusieurs décennies, la région des Grands Lacs constitue un épicentre de tensions politiques et sécuritaires. L’est de la République démocratique du Congo reste marqué par la présence de groupes armés et des rivalités autour des ressources naturelles. Les relations tendues avec le Rwanda et les crises politiques au Burundi témoignent de la fragilité persistante de l’équilibre régional.
Ces crises, profondément interconnectées, nécessitent des réponses coordonnées à l’échelle régionale.
Les limites de l’action internationale
Malgré l’implication de l’ONU, les résultats demeurent limités. Les interventions internationales sont souvent perçues comme insuffisamment adaptées aux réalités locales et peu coordonnées avec les initiatives africaines.
À ces limites opérationnelles s’ajoute une contrainte majeure : celle du financement des missions de maintien de la paix. Dans la région des Grands Lacs, le coût élevé des opérations onusiennes suscite des préoccupations croissantes, d’autant plus que certains États membres accusent des retards ou imposent des restrictions dans leurs contributions.
Les États-Unis, principal contributeur financier de l’ONU, critiquent régulièrement le coût jugé excessif de ces missions et exigent une plus grande efficacité. Cette position s’est particulièrement affirmée sous l’administration de Donald Trump, qui a plaidé pour une réduction des budgets et une rationalisation des opérations de maintien de la paix.
Cette situation souligne la nécessité d’un renouvellement des approches, fondé sur une meilleure articulation entre niveaux local, régional et international.
Macky SALL, un médiateur expérimenté des crises africaines
L’un des principaux arguments en faveur d’un profil comme celui de Macky Sall réside dans son expérience directe de la médiation. Désigné par l’Union africaine aux côtés de plusieurs chefs d’État africains, il a été impliqué dans la gestion de la crise au Burundi, dans un contexte de fortes tensions politiques.
Par ailleurs, son engagement diplomatique s’est illustré dans les efforts de stabilisation de la région des Grands Lacs, notamment à travers son soutien au processus de Nairobi et à la feuille de route de Luanda pour la paix dans l’est de la RDC. Il a également plaidé pour une coordination renforcée entre organisations africaines afin d’harmoniser les initiatives de paix.
Une crédibilité fondée sur la confiance des acteurs en conflit
Un élément particulièrement significatif renforce la pertinence de sa candidature : Macky Sall bénéficie d’une reconnaissance diplomatique transversale dans la région des Grands Lacs.
En effet, malgré leurs divergences profondes et les tensions persistantes, des pays comme la République démocratique du Congo et le Rwanda ont exprimé leur soutien à sa candidature. Cette convergence est loin d’être anodine dans une région marquée par la méfiance et les rivalités.
Plus encore, le Burundi, lui-même au cœur des dynamiques de crise dans les Grands Lacs, a pris l’initiative de porter sa candidature. Ce soutien de pays en tension et parrainage par un État directement concerné par les crises régionales traduit un capital de confiance rare.
Dans le champ diplomatique, cette capacité à être perçu comme un acteur relativement neutre et acceptable par différentes parties constitue un atout majeur pour toute entreprise de médiation.
Une opportunité pour une approche renouvelée dans les Grands Lacs
Ce positionnement singulier pourrait permettre, Macky SALL à la tête de l’ONU, de renforcer les dynamiques de dialogue dans une région où la défiance entre États reste élevée.
Dans le contexte des Grands Lacs, cela pourrait se traduire par :
- une facilitation du dialogue entre acteurs en conflit
- une meilleure articulation entre initiatives africaines et internationales
- une diplomatie plus préventive et inclusive
Une telle approche contribuerait à traiter les causes profondes des crises, au-delà des réponses sécuritaires.
Entre espoirs et contraintes
Cependant, le Secrétaire général de l’ONU reste tributaire des équilibres géopolitiques internationaux. Les marges de manœuvre, bien que réelles, demeurent limitées.
Par ailleurs, la complexité des conflits dans les Grands Lacs exige une mobilisation collective et durable.
Repenser la gouvernance mondiale
L’accession d’un Africain comme Macky SALL, à la tête de l’ONU constituerait un symbole fort en faveur d’une gouvernance plus inclusive. Elle pourrait également favoriser une meilleure prise en compte des réalités africaines dans la gestion des crises internationales.
Dans un monde en mutation, la capacité de Macky Sall à dialoguer avec des acteurs aux intérêts divergents pourrait représenter un levier important pour renouveler les approches diplomatiques, notamment dans une région aussi stratégique que celle des Grands Lacs.
Alassane DIA,
Citoyen sénégalais

































