La course à la tête de l’Organisation des Nations unies entre dans une phase décisive et résolument tournée vers la transparence. Pour la première fois à cette échelle, les candidats au poste de Secrétaire général se prêtent à des « dialogues interactifs » télévisés, un exercice qui bouleverse les codes feutrés de la diplomatie internationale.
Par Idrissa NIASSY
Organisées par la présidence de l’Assemblée générale des Nations unies, ces auditions publiques offrent une tribune inédite aux prétendants. Face aux représentants des États membres, mais aussi à la société civile et aux médias, chacun expose sa vision, ses priorités et sa capacité à diriger l’institution dans un contexte mondial sous tension. Réformes du multilatéralisme, gestion des conflits armés, urgence climatique, financement du développement : les enjeux abordés sont à la hauteur des défis qui attendent le futur locataire du siège new-yorkais de l’ONU. Les candidats sont appelés à convaincre, mais aussi à rassurer sur leur aptitude à incarner un leadership fort et consensuel. Le mardi et ce mercredi 22 avril 2026, les deux hommes et les deux femmes en lice pour ce poste participent à des réunions de l’Assemblée générale, au cours desquelles ils exposeront leur vision pour les Nations Unies et répondront aux questions des États Membres ainsi que de représentants de la société civile concernant leur expérience en matière de leadership et leurs qualifications, la réforme de l’ONU et les trois piliers de l’Organisation : la paix et la sécurité, le développement et les droits de l’homme. Il s’agit de Michelle Bachelet, ancienne Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme et ancienne présidente du Chili ; Rafael Grossi, actuel Directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea) ; Rebeca Grynspan, actuelle Secrétaire générale de l’agence des Nations Unies pour le commerce et le développement (Cnuced) ; et Macky Sall, ancien président du Sénégal.
Longtemps critiqué pour son opacité, le processus de désignation du Secrétaire général connaît ainsi une évolution notable. Si le choix final reste entre les mains du Conseil de sécurité des Nations unies, chargé de recommander un nom à l’Assemblée générale, ces échanges publics introduisent une dose de redevabilité et de pression politique nouvelle.
Pour de nombreux observateurs, cette ouverture constitue une avancée démocratique majeure dans la gouvernance mondiale. Elle permet non seulement de mieux informer l’opinion internationale, mais aussi de soumettre les candidats à un examen public, dans un monde où la légitimité des institutions internationales est plus que jamais scrutée. Pour Mme Baerbock, « la sélection du Secrétaire général a des conséquences de grande portée qui résonnent bien au-delà de ce bâtiment ». « Notre choix déterminera l’orientation de l’unique organisation multilatérale au monde et démontrera si les Nations Unies représentent véritablement les plus de huit milliards de personnes que nous servons à travers le globe, dont la moitié sont des femmes et des filles », ajoute-t-elle.
À compter du 1er janvier 2027, une nouvelle personne sera aux commandes au 38ème étage du Siège des Nations Unies : après dix ans de service et avoir accompli le maximum autorisé de deux mandats, António Guterres quittera ses fonctions.


































