Macky Sall veut s’appuyer sur ses 40 années d’expérience pour apporter un souffle nouveau au système des Nations Unies. Il a décliné ce mercredi sa vision, devant les représentants des Etats membres de l’Organisation.
« Ce que je souhaite apporter » à l’Organisation des Nations Unies. Macky Sall a ainsi décliné ce mercredi 22 avril 2026, sa vision aux 193 Etats membres de l’ONU. L’ancien Chef de l’Etat du Sénégal veut mettre au service de l’institution « une expérience de près de quarante ans de responsabilités publiques, du bas de l’échelle au sommet de l’État, comme fonctionnaire junior, Directeur national, maire, ministre, Premier Ministre, Président de l’Assemblée nationale et Chef de l’État pendant douze ans ».
« Ce que je souhaite apporter à l’Organisation, c’est une tradition d’échanges de plusieurs années avec la plupart des dirigeants ici représentés, en Afrique, au G7, au G20 et dans d’autres cadres bilatéraux et multilatéraux. De ce parcours, j’ai appris à dialoguer, écouter, et consulter. J’ai appris à conduire des réformes, arbitrer entre des priorités et prendre des décisions parfois difficiles », a plaidé Macky Sall.
Le candidat au SG de l’ONU se dit convaincu « en toute humilité », « qu’en ces temps difficiles pour l’Organisation, l’épreuve du pouvoir m’a préparé à comprendre les attentes des États membres et à agir pour y répondre efficacement.
« Si j’ai l’honneur de servir comme Secrétaire général, ma première priorité sera de contribuer à restaurer la confiance, apaiser les tensions, réduire les fractures et redonner espoir dans notre action collective », s’engage-t-il. Comme le veut la Charte des Nations Unies, affirme-t-il : « je serai un Secrétaire général impartial, qui parle à tous, et qui écoute tous ».
« Je serai un Secrétaire général qui rassemble ; un Secrétaire général bâtisseur de ponts entre les nations, entre les cultures et les civilisations, entre l’Est et l’Ouest, entre le Nord et le Sud », assure Macky Sall, en lice pour le poste SG des Nations Unies.
Relation avec les organisations régionales
Pour régler les questions de paix et sécurité, Macky Sall prévoit de lancer « sans délai » une diplomatie préventive plus active dans l’alerte précoce, la médiation et la coopération entre les Nations Unies et les organisations régionales. « J’engagerai avec les États membres une réflexion approfondie sur l’efficacité des opérations de maintien de la paix », promet-il, avant d’ajouter : « Je travaillerai également à maintenir les droits humains au cœur de l’agenda des Nations Unies ».
À quatre ans de l’évaluation finale de l’Agenda 2030, l’ancien Président de la République du Sénégal affirme qu’il veillera à la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable et aux perspectives de l’agenda après 2030.
Menaces environnementales
Dur point de vue financier, Macky Sall a relevé que le poids de la dette est devenu insoutenable pour de nombreux pays. « Les inégalités se creusent, frappant d’abord les plus vulnérables, notamment les jeunes et les femmes. Certes, la coopération pour le développement garde toute son utilité. Mais mon expérience à la tête d’un pays en développement m’a appris que les financements publics restent insuffisants et difficiles à mobiliser, notamment pour les infrastructures de développement. Or, sans les investissements structurants, il ne peut y avoir de transformation économique et de création massive d’emplois », souligne-t-il. C’est la raison pour laquelle, il propose que le financement du développement soit davantage porté par le partenariat, l’investissement et le commerce appuyés par un meilleur accès au crédit, afin de soutenir une croissance et une prospérité partagées.
Pour lui, le Forum sur le financement du développement, qui réunit chaque année à New York les Nations Unies, les institutions de Bretton Woods, l’OMC, la CNUCED et le secteur privé pourrait en être le catalyseur, avec l’appui de l’OCDE et des pays partenaires. « En créant les conditions d’une vie meilleure pour tous, nous réduirons en même temps les sources de migrations irrégulières », plaide-t-il. Pour Macky Sall, c’est la confiance qui peut régler la question financière et c’est la réforme qui permettra d’amener ceux qui résistent encore à cotiser de le faire et avec les Etats membres nous devons réfléchir sur des mécanismes de financement qui permettent la prévisibilité et surtout qui sécurise le financement de l’organisation », soutient-il.
Par Dieynaba TANDIANG
































