Plébiscité par les militants de Pastef, Ousmane Sonko est résolument engagé à consolider son assise en gardant le lien avec les différentes composantes de la société.
« Sonko est de retour et le pays va trembler », prévient Ousmane Sonko le président du Pastef élu samedi et investi ce dimanche à Dakar Arena, Diamniadio. Selon lui, ses adversaires politiques ont un objectif précis : « briser le lien qu’il entretient avec la jeunesse sénégalaise. Il a rappelé que ces derniers temps, plusieurs polémiques ont été instrumentalisées dans le but de ternir son image auprès des jeunes, qui constituent depuis plusieurs années le principal socle de son engagement politique. « Ils ont une obsession : me séparer des jeunes », a-t-il déclaré. Le leader des Patriotes estime que chaque crise ou décision controversée est exploitée pour tenter de l’opposer à cette frange importante de la population. « Lorsque les vendeurs ambulants ont été déguerpis, on m’en a tenu responsable. Lorsqu’il y a eu des problèmes à l’université, on m’en a également accusé, avec pour seule finalité de me mettre en mal avec les jeunes », a-t-il déclaré.
Les assurances de Sonko
Le président du Pastef a assuré sa fidélité aux militants, excluant toute idée de trahison en déclarant. « Je ne trahirai jamais les militants que vous êtes », promet-il, avant de saluer l’engagement des Patriotes qui, selon lui, suscite l’admiration et l’envie des adversaires qui « peinent à accepter, « cette volonté commune de faire avancer le pays ».
Évoquant enfin la vie interne de l’organisation, le leader de PASTEF est revenu sur les récentes tensions et divergences qu’il avait anticipées : « Quand j’ai commencé à souligner certaines divergences au sein du parti, on disait que j’étais pressé. Pourtant, j’avais parlé d’un avant, d’un pendant et d’un après novembre-décembre ». « Il n’arrivera jamais le jour où je trahirai le projet. Une personne loyale ne doit pas trahir sa parole. Sur les principes du parti, jamais je ne m’opposerai à quelqu’un. Si cela arrive, c’est ce que cette personne aura fauté face à moi », a-t-il déclaré devant ses partisans.
Pour Sonko, « ce pays a assez souffert des complots et des combines ». Il estime que chaque institution doit jouer son rôle sans se laisser instrumentaliser. « Même si le président veut satisfaire des ambitions politiques, il ne faut pas accepter qu’il fragilise les institutions ». Toutefois, il affirme qu’« il n’y a pas de crise institutionnelle au Sénégal. C’est le peuple qui a choisi de confier la présidence à quelqu’un et l’Assemblée nationale à un autre. » Une façon d’assumer pleinement la cohabitation née des urnes et de la légitimer face à ceux qu’il désigne comme les « marchands de crises ».
S’appuyant sur « l’histoire récente » du Sénégal, il a sommé l’exécutif de recentrer ses priorités : « Celui qui est dans l’exécutif doit avoir d’autres préoccupations plutôt que des combines politiques. »
Une nouvelle ligne de conduite
Sonko a profité de cette occasion pour indiquer une nouvelle ligne de conduite à ses militants. En effet, décrète-t-il, « nous devons être un parti exemplaire. Prenez en considération les dignitaires religieux, les notabilités et tous les segments de la société ». Le chef du parti a particulièrement insisté sur la nécessité d’abandonner les insultes, les sobriquets et les attaques personnelles qui ont parfois marqué le débat politique sur les réseaux sociaux. « Les quolibets, les surnoms et les insultes ne doivent plus être l’image de PASTEF », a-t-il martelé.
S’adressant directement aux jeunes, il a appelé à l’émergence d’une génération responsable, citoyenne et capable de résister aux provocations. « Je veux une jeunesse intelligente et citoyenne. Ne cédez pas aux provocations », a-t-il lancé. Selon lui, certains adversaires chercheront délibérément à pousser les militants à la faute afin de les exposer à des poursuites judiciaires. « Ils vont recruter des insulteurs pour vous provoquer et vous envoyer en prison. Refusez ce piège», exhorte-t-il.
Dans le même temps, Sonko a fixé des objectifs ambitieux à son parti. Il a invité les militants à sillonner le pays, à renforcer les structures locales et à accélérer les adhésions. « Je veux plus d’un milieu de cartes de membres et 10 000 cellules à travers le pays », a-t-il déclaré. Le président de PASTEF a également exhorté ses partisans à s’inscrire massivement sur les listes électorales en vue des prochaines échéances. Convaincu de la solidité de son mouvement malgré les départs enregistrés ces derniers mois, il a rejeté l’idée d’une fracture interne. « Il n’y a pas de séparation. Une poignée de personnes s’est retirée, mais PASTEF conserve la confiance des Sénégalais », a-t-il soutenu.
Concluant sur une note offensive, Sonko a réaffirmé sa confiance dans l’avenir de son parti et dans sa capacité à peser sur la vie politique nationale. « Nous sommes le plus grand parti par la volonté de Dieu. Nous avons élu des maires, des députés, des présidents. Sonko est de retour, et le pays va trembler », a-t-il lancé sous les acclamations des militants.
Douze ans après sa création, PASTEF-Les Patriotes a franchi une étape majeure de son histoire politique. Réuni en congrès national ce samedi 6 juin 2026, le parti au pouvoir a porté son leader historique, Ousmane Sonko, à la présidence de la formation politique avec un score de 100 % des suffrages exprimés.
Les résultats provisoires proclamés par la commission électorale du congrès font état d’une participation particulièrement élevée. Sur les 598 procès-verbaux attendus, 589 ont été réceptionnés, soit un taux de participation de 98,5 %. Sur l’ensemble du territoire national, les 553 procès-verbaux prévus ont été transmis, tandis que la diaspora a acheminé 36 des 45 procès-verbaux attendus.
À l’issue du dépouillement, les 589 procès-verbaux validés ont tous accordé leur voix à Ousmane Sonko. Aucun bulletin blanc n’a été enregistré, consacrant ainsi une élection sans contestation du principal leader de la formation politique.
Au-delà du scrutin, ce premier congrès national revêt une portée symbolique et organisationnelle importante pour PASTEF. Fondé en 2014, le parti tenait pour la première fois une telle rencontre destinée à structurer durablement son fonctionnement interne. Le rendez-vous avait notamment pour ambition d’installer officiellement les nouvelles instances dirigeantes et de définir les orientations stratégiques qui guideront l’action du mouvement dans les années à venir.
Cette consécration intervient dans un contexte particulier pour PASTEF, devenu la principale force politique du pays après son accession au pouvoir. L’élection d’Ousmane Sonko à la tête du parti apparaît ainsi comme une formalisation de son leadership politique au sein d’une organisation engagée dans une nouvelle phase de son évolution, marquée par les défis de l’exercice du pouvoir et la nécessité de consolider son ancrage institutionnel.
Par Ibrahima DIOP































