La Fédération Sénégalaise des Sociétés d’Assurances (FSSA) présente les résultats du marché sénégalais de l’assurance pour l’exercice 2025. D’après les résultats, le marché a franchi le cap des 300 milliards de F CFA.
D’après le communiqué de presse, le marché sénégalais de l’assurance repose sur un tissu institutionnel dense et diversifié. Et il compte actuellement 27 compagnies d’assurance, dont 18 spécialisées en assurance Dommages (IARD) et 9 en assurance Vie, avec parmi elles des structures à vocation spécifique : la Compagnie Nationale d’Assurance Agricole du Sénégal (CNAAS), la Société Nationale d’Assurance du Crédit et du Cautionnement (SONAC) et trois sociétés mutuelles, dont une opérant en Vie.
« Le marché bénéficie également de mécanismes collectifs de solidarité, de régulation et d’intégration régionale : un Pool de coassurance des risques Transport Public de Voyageurs (TPV), un Pool d’assurance des risques Pétrole et Gaz, un Fonds de Garantie Automobile protégeant les victimes d’accidents, ainsi qu’une Nouvelle Prévention Routière active. Le Bureau National Sénégalais de la Carte Brune CEDEAO assure la prise en charge des sinistres automobiles transfrontaliers dans l’espace CEDEAO », renseigne la source.
Une croissance soutenue et des fondamentaux solides
« Le chiffre d’affaires global du secteur a atteint 311 milliards de FCFA en 2025, contre 249 milliards en 2022. L’assurance dommages (IARD) reste le pilier dominant du marché avec 187,5 milliards de FCFA, représentant près des deux tiers de l’activité. Elle couvre les risques courants des ménages et des entreprises tels que l’automobile, l’incendie, les responsabilités civiles, la santé, les transports, les grands projets miniers, énergétiques et les infrastructures », note la source.
D’après la source, l’assurance vie, avec 123,7 milliards de FCFA, affiche une dynamique de croissance supérieure, portée par les produits d’épargne, de prévoyance et de retraite. Et sa progression traduit l’intérêt croissant des Sénégalais pour la constitution d’une épargne longue et la sécurisation de leur avenir familial.
Le communiqué précise qu’en 2024, le marché sénégalais des assurances a conservé une situation financière solide, avec des taux de couverture de la marge de solvabilité de 510 % en Dommages et de 298 % en Vie et Capitalisation.
Un secteur qui protège et qui investit
« La mission première de l’assurance est la protection. En 2024, les compagnies ont versé 133 milliards de FCFA d’indemnités et de prestations à leurs assurés, contre 119 milliards l’année précédente, soit une progression de 12 %.À cet égard, les compagnies d’assurances sénégalaises ont placé dans l’économie nationale 649,7 milliards de F CFA au titre de l’exercice 2024, dont 165,3 milliards en obligations et valeurs d’État, soit 25,5 % du total des placements et 272,5 milliards en dépôts bancaires, contribuant ainsi directement au financement des investissements publics et à la liquidité du système bancaire national », explique la source.
« Cette mobilisation de l’épargne longue au service de l’économie nationale s’accompagne d’une contribution fiscale en progression constante : 27,9 milliards de F CFA versés au titre des impôts et taxes, contre 24,1 milliards en 2023, soit une hausse de +16,1 %, témoignant de la vitalité du marché et de sa contribution croissante aux recettes publiques », poursuit le document.
Des segments porteurs à fort potentiel
D’après le document, plusieurs axes de développement offrent des perspectives de croissance concrètes et réalisables à horizon 2030.
L’assurance des grands projets énergétiques et industriels constitue l’opportunité la plus immédiate. L’entrée en production des champs pétroliers de Sangomar et gaziers de Grand-Tortue Ahmeyim génère des besoins de couverture considérables.
La micro-assurance et l’assurance inclusive représentent le principal levier d’élargissement de la base de souscripteurs. Grâce à la digitalisation et aux réseaux de mobile money, des offres adaptées aux travailleurs du secteur informel, aux artisans, aux commerçants et aux agriculteurs commencent à se déployer.
Les risques émergents de la transition numérique constituent un troisième segment à fort potentiel : cyber-risques, protection des données, fraude numérique, interruption d’activité.
L’assurance santé inclusive, adossée à des partenariats avec les mutuelles, les institutions de microfinance et les opérateurs numériques, offre enfin des perspectives d’extension significative de la couverture des populations, notamment dans les segments aujourd’hui peu ou non couverts.
Par Massaër DIA


































