Être une femme engagée dans la défense des droits humains demeure un combat à haut risque dans de nombreuses régions du monde. En plus des défis liés à leur mission de protection des droits fondamentaux, les femmes défenseuses de ces droits sont confrontées à une multitude de violences, de menaces et de campagne de dénigrement visant à les réduire au silence.
Par Idrissa NIASSY
Selon Bator Seck, Point focal Sénégal du Réseau des femmes leaders pour le développement (Rfld), les femmes défenseuses des droits humains subissent régulièrement des violences de toute sorte, des menaces, des campagnes de dénigrement, ainsi que des attaques ciblant leur réputation et leur vie privée, dans leur mission de défense des droits humains. Pour elle, ces dernières se lèvent quotidiennement pour défendre les femmes victimes de violences, les droits des filles, ainsi que la démocratie, la paix, la justice sociale et les libertés fondamentales. « Leur engagement en faveur des droits des femmes, de l’égalité des genres, de la justice sociale ou de la protection des communautés vulnérables les expose particulièrement aux représailles », a-t-elle déclaré. Mme Bator Seck s’exprimait en marge d’une consultation afroféministe de haut niveau sur la protection des Défenseuses des droits humains (Ddh) en Afrique de l’Ouest tenue dans la capitale sénégalaise, Dakar. Elle est un espace de reconnaissance et de solidarité envers toutes les femmes éprises de paix et de justice. Mais, elle est aussi une occasion de bâtir de nouvelles alliances, tout en renforçant leur engagement collectif pour une Afrique de l’Ouest où les femmes vivent libres, en sécurité et pleinement actrices du développement de leurs communautés.
D’après le Point focal Sénégal du Rfld, protéger les défenseuses des droits humains n’est pas seulement protéger des individus. « C’est protéger les voix qui alertent, qui mobilisent et qui empêchent nos sociétés de reculer », a-t-elle fait savoir. « C’est également rappeler que les acquis dont nous bénéficions aujourd’hui ne sont pas tombés du ciel. Ils sont le résultat des luttes courageuses de femmes qui ont refusé le silence et l’injustice », ajoute Mme Seck.
Face à cette réalité, le Réseau des femmes leaders pour le développement appelle à renforcer les solidarités féministes africaines, soutenir le leadership des femmes et contribuer à créer des espaces où leurs voix, expertises et leurs expériences seront reconnues à leur juste valeur. Elle est revenue également sur le choix du Sénégal qui n’est fortuit. « C’est une terre de dialogue, de mobilisation citoyenne, d’engagement des femmes mais de sororité, de résistance et d’espoir », a-t-elle conclu.
Cette rencontre, intitulée « Solidarité, protection et lignée de résistance », a rassemblé une trentaine de représentantes dont l’engagement articulé façonne l’environnement de protection des défenseuses à travers la région Ouest-africaine. La consultation a réuni une coupe transversale délibérée d’acteur·rice·s dont l’engagement façonne le plus décisivement l’environnement de protection des défenseuses en Afrique de l’Ouest. Elles sont venues du Mali, du Burkina Faso, du Niger et de la Guinée, pour participer à cette rencontre aux côtés des principales organisations de la société civile féministe sénégalaise. M. Naji Moulay Lahsen, Directeur Sahel et Afrique du Nord de la Cidh, a apporté la perspective transrégionale additionnelle reliant le Sahel et le contexte des droits humains nord-africain.
Des espaces tels que cette consultation produisent un impact qui excède la journée où ils sont tenus. Ils restituent la dignité d’être entendues aux défenseuses dont le travail est trop souvent réduit au silence.




































