La consommation de drogues ne touche plus uniquement les garçons. Au Sénégal, le phénomène gagne de plus en plus les jeunes filles, suscitant l’inquiétude des acteurs de l’éducation et de la santé. Face à cette réalité alarmante, le Commissaire principal Fatou Doumbia, Coordonnatrice adjointe du Comité interministériel de lutte contre la drogue (Cild) a lancé un vibrant appel à la vigilance, exhortant les élèves à se détourner des mauvaises fréquentations qui constituent souvent la porte d’entrée vers les substances illicites.
Le Commissaire principal Fatou Doumbia, Coordonnatrice adjointe du Comité interministériel de lutte contre la drogue (Cild) Elle a invité les élèves à ne pas tomber sous l’influence de qui que ce soit pour prouver leur vraie identité. S’exprimant à l’occasion d’une activité de sensibilisation sur « Les dangers de la drogue en milieu scolaire », tenue hier au Lycée des jeunes filles John-Fitzgerald-Kennedy (JFK) en présence de la Proviseure de cet établissement, la Coordonnatrice adjointe du Cild a insisté sur le rôle déterminant de l’entourage dans les comportements à risque.
Selon elle, de nombreuses adolescentes basculent dans la consommation de drogues sous l’influence de groupes d’amis ou de connaissances qui banalisent ces pratiques. « Les mauvaises fréquentations peuvent détruire un avenir prometteur en quelques mois. Chaque élève doit apprendre à faire les bons choix et à résister aux pressions de son entourage », a-t-elle averti devant les élèves. Avant d’insister : « méfiez-vous de ce qui peut vous égarer. Vous êtes encore jeune et vous avez l’avenir devant vous ». Elle a profité de cette occasion pour les exhorter de ne pas se verser dans la consommation de drogue pour assurer la relève de demain. « Si vous voulez devenir des mères de familles exemplaires, il va falloir vous écarter de tout ce qui peut vous éloigner de cette trajectoire, y compris l’apport », conseille-t-elle.
Cette mise en garde intervient dans un contexte marqué par la progression inquiétante des drogues dites synthétiques dans les écoles et les quartiers. Ces substances, souvent vendues à bas prix et facilement accessibles, exposent les jeunes consommateurs à des risques graves pour leur santé physique et mentale, notamment des troubles du comportement, des addictions sévères et des décrochages scolaires.
Pour le Commissaire principal, la lutte contre ce fléau doit reposer sur une mobilisation collective impliquant les familles, les enseignants, les autorités publiques et les élèves eux-mêmes. Elle a sollicité les jeunes filles à privilégier les valeurs de discipline, de responsabilité et d’excellence qui ont toujours fait la réputation de l’établissement. Prenant exemple sur elle, Mme Doumbia a tenu à raconter une anecdote : « Être commissaire de police, ce n’est pas facile. J’ai quitté chez moi Tambacounda, très loin de là où j’ai fait mes choix. À l’âge de 19 ans, j’ai eu le Bac. J’allais à l’Université. Quand j’ai quitté la maison, mon papa m’a dit, tu vas partir, maman ne sera plus derrière toi. Mais n’oublie pas ce qui t’a amené à l’Université. Ne l’oublie jamais. Et ça a été très bien ancré dans ma mémoire. J’ai été là-bas, jusqu’à ma thèse de doctorat en droit. C’est en ce moment que j’ai fait mon concours de commissaire de police. Et on sait que c’est pas facile. Donc, si j’étais tombée dans les tentations, je pense qu’aujourd’hui je ne serai pas Commissaire de police. C’est pourquoi, je vous appelle à être passionnantes, à être résiliente ».
Au-delà de la prévention, Fatou Doumbia alerte sur une « féminisation » progressive de la consommation de drogues, un phénomène encore peu documenté mais de plus en plus visible dans les centres de prise en charge des addictions. Cette évolution constitue un défi majeur pour les politiques publiques de santé et de protection de la jeunesse. Dans un pays où la jeunesse représente une part importante de la population, le message est clair : préserver les élèves des drogues, c’est protéger l’avenir du Sénégal.
Par Idrissa NIASSY


































