L’ancien Chef de l’Etat du Sénégal a fait sa deuxième audition au Nations Unies en tant que candidat au Secrétariat Général de ladite Institution. Il se dit capable et prêt à diriger par et pour les peuples.
Macky Sall, candidat au Secrétariat Général des Nations Unies, s’est prête à sa seconde audition aux des Nations Unies, ce jeudi 23 juillet 2026. Mais cette fois-ci, il y est allé, renforcé par le soutien officiel de l’Etat du Sénégal.
Fidèle à sa ligne, Macky Sall se veut être, en tant que Secrétaire Général de l’ONU, bâtisseur constant de ponts, armé d’une impartialité absolue et d’un engagement indéfectible en faveur d’un dialogue permanent avec toutes les parties belligérantes, y compris au sein du Conseil de sécurité.
Dans sa mission de SG de l’ONU, il pourrait être amener à ne bénéficier du soutien du Conseil de Sécurité ou des grandes puissances pour causes qu’il serait amené à défendre. En fin légaliste, respectueux des textes en vigueur, il répond à ses auditeurs en ces termes : « le Secrétaire général a des prérogatives qui sont clairement définies par la Charte. Et parmi ces priorités figure le rôle de facilitateur, mais aussi de lancer une alerte précoce pour travailler plus souvent sur la diplomatie préventive et la diplomatie silencieuse. Mais, il devrait également être en mesure, avec toute l’autorité requise, de parler aux parties belligérantes, en particulier lorsqu’il s’agit de membres permanents du Conseil de sécurité ».
Pour l’ancien Chef de l’Etat, cette tâche s’avère difficile, dit-il, « je pense que l’impartialité du Secrétaire général, sa responsabilité de diriger l’organisation avec la confiance des États membres, devraient le conduire à être un bâtisseur constant de ponts entre les pays et à créer de la confiance ». Une confiance qui, selon lui, permet d’assumer notre « rôle historique », parce que, dit-il, « les dirigeants de nos pays ne doivent pas détruire l’organisation. Bien au contraire, l’ambition est que l’ONU continue de jouer le rôle qu’elle a toujours joué, et qui a été très important depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale », dira-t-il.
Macky Sall a souligné que cette génération de dirigeants devrait travailler main dans la main et en toute confiance pour que le monde devienne meilleur et que la paix soit aussi certaine que possible.
Interrogé sur la manière concrète de bâtir et de restaurer cette confiance entre les États, le candidat sénégalais au SG de l’ONU a rappelé son parcours d’homme d’État, avant de souligner le rôle d’impartialité que SG de l’ONU doit jouer. « J’ai été président du Sénégal pendant 12 ans. J’ai dirigé l’Union africaine. Je me souviens qu’après le début de la guerre en Ukraine, j’ai été amené à rencontrer le président Poutine. Tout le monde n’était pas d’accord avec cela parce que c’était une période de très forte tension. C’est précisément parce que je représentais un continent de 1,5 milliard d’habitants qui subissait les conséquences du blocus du port d’Odessa et du manque de facilitation du commerce des engrais pour les pays africains que, malgré cette tension, nous devions aller à Sotchi et aussi à Kiev. Il doit donc y avoir un contact permanent, quelles que soient les tensions, et c’est ce rôle d’impartialité que le Secrétaire général doit jouer pour reconstruire la confiance entre les membres ».
Macky Sall plaide pour une réforme confiante de l’ONU
Dans le cadre de la réforme du système des Nations Unies, Macky Sall plaide pour « une ONU confiante et efficace, capable d’achever sa transformation digitale en tirant parti de l’intelligence artificielle, tout en insistant sur la nécessité d’une réforme conjointe du Secrétariat et des États membres ».
Pour l’ancien Chef de l’Etat du Sénégali, la réussite de toute réforme dépend avant tout de l’implication des États membres eux-mêmes. « Sans leur engagement, la volonté du Secrétaire général se heurtera à des changements limités », signale-t-il. Selon Macky Sall, il faudra repenser les méthodes de travail au sein de l’Organisation. A l’en croire 40 000 mandats sont actuellement activés dans les différentes instances onusiennes et plus de 27 000 réunions sont tenues chaque année. C’est la raison pour laquelle, dit-il, la réforme des méthodes de travail est la condition d’une meilleure efficacité, mais aussi d’une plus grande harmonie entre les différents services de l’Organisation.
Macky Sall assure ainsi que si les Nations Unies étaient un orgue, il se croit capable de « donner une belle partition » à la tête de l’ONU, au nom des peuples représentés par l’organisation.
« Le poids de la dette, pour les pays en développement, est moins dû à l’ampleur de la dette qu’aux conditions de la dette »
Sur la question du financement et du développement, il a dénoncé les conditions d’accès à la dette imposées aux pays du Sud. « Ce poids de la dette, pour les pays en développement, est moins dû à l’ampleur de la dette qu’aux conditions de la dette », a-t-il affirmé. L’ancien président sénégalais a illustré son propos par un chiffre frappant : « Les pays en développement s’endettent, malheureusement, cinq fois, voire huit fois plus cher que les pays développés ». Une distorsion qu’il attribue directement aux mécanismes en vigueur sur les marchés financiers internationaux, « d’abord les mécanismes de garantie, de primes de risque appliquées aux pays en développement ». Pour y remédier, il a appelé à une concertation élargie associant les agences de notation, les États membres et les institutions financières internationales, « pour que nous puissions définir un cadre approprié permettant un accès équitable aux conditions financières ».
Macky Sall a par ailleurs constaté que « le financement public ne répond plus aux attentes, surtout qu’il a baissé drastiquement ». Il a donc plaidé pour une mobilisation accrue du financement privé, « mais en atténuant le risque, car c’est là la limite du financement privé ». Il a enfin appelé à « faire en sorte que les pays, par l’investissement privé et par le partenariat, puissent davantage commercer », un objectif qu’il a présenté comme étant « dans l’intérêt de tous les États membres ».
Par Ibrahima DIOP (sources : médias)





































