Les difficultés liées à la vie chère, constatées au Sénégal, restent une préoccupation majeure du Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’Alliance Pour la République (APR). Le SEN dénonce une hausse généralisée et continue des prix qui pèse lourdement sur les ménages, accentuant naturellement, la dégradation du pouvoir d’achat pour installer un profond sentiment de précarité au sein de la population.
Après que le Premier ministre Al aminou Lô a épilogué sur un hypothétique agenda de transformation nationale à l’horizon 2050, l’APR constate avec regrets que les licenciements intervenus dans plusieurs secteurs d’activité, l’arrêt de nombreux chantiers et l’affaiblissement des mécanismes de protection sociale, fruits des politiques de ces deux dernières années, ont privé une large partie de nos concitoyens de revenus et de perspectives. Les désastreuses options économiques et sociales en cours depuis l’arrivée du régime Pastef au pouvoir ont favorisé une contraction du pouvoir d’achat qui frappe désormais toutes les catégories socio-professionnelles.
L’APR avait alerté, au lendemain de l’installation du régime issu de Pastef au pouvoir, sur l’interprétation erronée qui était faite de la baisse initiale des prix des denrées. En réalité, sur le plan économique, une baisse des prix ne peut résulter que de trois mécanismes fondamentaux : une amélioration de l’offre et des coûts de production, une contraction de la demande ou encore une augmentation des subventions publiques. Or, la baisse observée au début de l’alternance ne pouvait donc s’expliquer que par une contraction de la demande. Lorsque les ménages disposent de moins de revenus et réduisent leur consommation, les prix peuvent effectivement diminuer. Mais cette baisse ne peut nullement être le signe d’une économie en meilleure santé. Au contraire, une demande durablement déprimée finit par fragiliser l’appareil productif, réduisant ainsi les investissements et affaiblissant les capacités d’approvisionnement du pays. C’est précisément ce mécanisme que l’APR avait dénoncé.
L’APR considère, en outre, que la fragilisation actuelle du pouvoir d’achat a été aggravée par le maintien d’une pression fiscale sur des opérateurs économiques déjà fortement éprouvés. Pendant que l’appareil productif s’affaiblissait sous l’effet de la crise de la demande, le Gouvernement aurait dû privilégier des mesures permettant de préserver les entreprises, soutenir la production, sécuriser les approvisionnements et protéger l’emploi. Malheureusement, l’inexpérience et l’absence de vision économique ont conduit à d’autres choix dont nous vivons les conséquences.
Aujourd’hui, les ménages sénégalais en paient la facture. L’effet cumulé de la contraction de la demande, de l’affaiblissement de l’activité, des difficultés rencontrées par plusieurs secteurs productifs, des pertes de récoltes, des tensions d’approvisionnement et de la pression fiscale se traduit par une dégradation préoccupante de la situation économique.
L’APR regrette que la situation actuelle soit le résultat de choix économiques et sociaux qui révèlent un manque de métier, d’anticipation et de coordination au sommet de l’État. Celle-ci est la conséquence de choix politiques et d’arbitrages économiques qui n’ont pas suffisamment pris en compte la nécessité de préserver simultanément le pouvoir d’achat des ménages, l’activité des entreprises, la production nationale et l’emploi.
C’est pourquoi l’APR estime que le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, devenu Président de l’Assemblée nationale, doivent assumer pleinement leurs responsabilités devant les millions de Sénégalais confrontés à cette situation. Aucune dérobade, aucune manœuvre et aucun subterfuge ne sauraient soustraire les autorités du pouvoir de leurs responsabilités devant la réalité économique et sociale du pays. L’APR entend rester fidèle à sa vocation d’opposition républicaine, responsable et attentive aux préoccupations du peuple sénégalais.
Elle compte également saisir les institutions compétentes, notamment la Cour des comptes, l’ANSD et les autorités de régulation, afin d’exiger un état des lieux chiffré, transparent et contradictoire de la situation économique du pays. Les Sénégalais ont droit à la vérité sur l’état de leur économie. Ils ont aussi droit à des réponses concrètes. L’APR continuera donc à exercer son rôle d’opposition avec responsabilité et vigilance sur cette question tout en travaillant à la construction d’une véritable alternative économique et politique.




































