Depuis la confirmation du premier cas le 1er août 2026, la diphtérie a déjà fait six morts au Sénégal. Au 3 septembre, 34 cas confirmés ont été recensés dans huit districts sanitaires de six régions. Face à cette maladie contagieuse et potentiellement épidémique, le ministère de la Santé renforce la riposte et appelle les familles à la vigilance, surtout sur la vaccination des enfants.
La situation épidémiologique dévoilée par le ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique appelle à une vigilance accrue. En un peu plus d’un mois, 34 cas confirmés de diphtérie et six décès ont été enregistrés à travers le pays. La région de Kédougou concentre à elle seule 23 cas, soit la grande majorité des infections recensées. Dakar arrive loin derrière avec 5 cas, suivie de Thiès avec 3 cas. Louga, Diourbel et Kaolack comptent chacune un cas. Au total, huit districts sanitaires relevant de six régions sont concernés, signe que la maladie ne se limite plus à un seul foyer géographique.
La diphtérie est une infection contagieuse qui peut rapidement devenir grave. Mal de gorge, fièvre, difficultés à avaler, enrouement, gonflement du cou ou encore apparition de membranes grisâtres dans la gorge figurent parmi les signes d’alerte. Dans les formes sévères, des difficultés respiratoires peuvent survenir. C’est une maladie évitable, mais potentiellement mortelle.
Pour les autorités sanitaires, l’enjeu est donc double : détecter rapidement les cas et empêcher la propagation de la maladie, notamment auprès des personnes non ou insuffisamment vaccinées. Depuis l’apparition des premiers cas, le ministère indique avoir intensifié les opérations de riposte en collaboration avec les autorités administratives, territoriales et les partenaires.
Le dispositif comprend la prise en charge des malades, l’investigation autour de chaque cas, l’identification et le suivi des contacts, ainsi que le renforcement de la surveillance épidémiologique. Une campagne de vaccination de rattrapage est également menée en direction des enfants dont la vaccination est incomplète ou inexistante. Les autorités misent par ailleurs sur la sensibilisation pour favoriser un recours rapide aux structures sanitaires. Face à cette résurgence, le ministère invite les parents à vérifier le statut vaccinal de leurs enfants et à compléter les doses manquantes, conformément au calendrier du Programme élargi de vaccination (Pev).
Le message des autorités est sans ambiguïté : il faut consulter rapidement dès l’apparition des premiers signes suspects et éviter toute automédication, qui pourrait retarder la prise en charge. Avec six décès déjà enregistrés, la diphtérie rappelle ainsi que les maladies évitables par la vaccination peuvent redevenir une menace lorsque la protection vaccinale est insuffisante. C’est pourquoi, le ministère appelle les populations à maintenir leur vigilance et à respecter les recommandations sanitaires. Car, la vaccination reste la première ligne de défense. Et face aux premiers symptômes, chaque heure peut compter.
Par Idrissa NIASSY



































