La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, dans son document : « Rapport sur la Politique Monétaire dans l’UMOA – Septembre 2026 », note que l’indice des prix des matières premières exportées par les pays de l’UEMOA, s’est replié, en rythme trimestriel, de 2,7% au cours du deuxième trimestre 2026.
« L’indice des prix des matières premières, hors pétrole, exportées par les pays de l’UEMOA, s’est replié, en rythme trimestriel, de 2,7% au cours du deuxième trimestre 2026, après une baisse de 1,3% un trimestre plus tôt. Cette évolution est essentiellement due à la baisse des cours du café (-7,9%), de l’or (-7,3%) et de l’uranium (-1,1%). En revanche, les prix du coton (+18,9%), du phosphate (+19,7%), du caoutchouc (+14,2%), de la noix de cajou (+3,3%), de l’huile de palme (+11,9%) et de palmiste (+4,6%) et du cacao (+0,8%) se sont accrus sur la même période », note la BCEAO.
D’après la source, les cours du café ont reculé en raison des anticipations d’une offre abondante, notamment en provenance du Brésil. L’agence publique brésilienne chargée du suivi des marchés agricoles et des stocks alimentaires (Conab) anticipe des récoltes d’environ 66,2 millions de sacs en 2026, soit une augmentation de 17,1% par rapport à 2025.
« Le fléchissement des prix de l’or s’explique par les perspectives d’une politique monétaire restrictive par la Fed dans un contexte de risques élevés de tensions inflationnistes alimentées par le renchérissement des prix de l’énergie. L’affaiblissement du cours de l’uranium est imputable à une demande moins soutenue sur le marché au comptant, les compagnies d’électricité privilégiant les contrats d’approvisionnement à long terme déjà sécurisés », renseigne le document.
D’après la source, le renchérissement du coton est attribuable à la vigueur de la demande mondiale, favorisée par la hausse du prix du polyester, qui améliore la compétitivité du coton naturel en tant que fibre de substitution.
« Les inquiétudes liées à la sécheresse dans les principales régions productrices des États-Unis, notamment au Texas, ont également contribué à renforcer les cours. La progression des cours du caoutchouc est induite par le raffermissement des prix du pétrole, qui augmente le coût du caoutchouc synthétique et stimule la demande de caoutchouc naturel », note la source.
Et le document de poursuivre : « Elle est également soutenue par les craintes d’un resserrement de l’offre en raison des fortes pluies en Thaïlande, premier producteur mondial. L’accroissement des prix de la noix de cajou est dû au recul de l’offre mondiale, dans un contexte de demande asiatique toujours dynamique. Les cours de l’huile de palme et de l’huile de palmiste ont été portés par la flambée des prix du pétrole brut, qui favorise la demande de biodiesel, ainsi que par les aléas climatiques, susceptibles d’affecter la production. Le relèvement des cours des phosphates est en lien avec la hausse des coûts de production des engrais phosphatés ainsi qu’aux restrictions à l’exportation instaurées par les pays producteurs ».
Et le document de poursuivre : « L’augmentation des prix du cacao est consécutive aux craintes de perturbations de l’offre en Afrique de l’Ouest, en raison des conditions météorologiques défavorables en Côte d’Ivoire et au Ghana, marquées par des précipitations irrégulières et des pluies diluviennes. Les inquiétudes liées à un éventuel retour du phénomène El Niño ainsi que le renchérissement des engrais, consécutif aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, renforcent également les anticipations d’un déficit d’approvisionnement ».
Indice des prix des produits alimentaires importés par les pays de l’UEMOA
« L’indice des prix des principaux produits alimentaires importés par les pays de l’UEMOA, exprimés en devises, s’est accru, en rythme trimestriel, de 12,6% au cours du deuxième trimestre de 2026, après une progression de 4,5% enregistrée un trimestre plus tôt. Cette évolution reflète notamment l’augmentation des cours de l’huile de soja (+24,7%), du riz (+11,3%), du blé (+9,9%), du lait (+9,2%) et du sucre (+3,9%) », renseigne la BCEAO.
Et le document de renseignement : « Les cours de l’huile de soja ont été soutenus par la vigueur de la demande liée au développement des biocarburants, et par les anticipations d’une augmentation des importations chinoises de soja pour la campagne 2026/2027. Le raffermissement des prix du riz est imputable aux risques pesant sur les perspectives d’approvisionnement, dans un contexte de craintes liées aux effets négatifs du phénomène El Niño sur la production en Asie, ainsi que de pénuries d’engrais ».
« La hausse des cours du blé s’explique par les anticipations d’une baisse de la production, alimentées par des conditions climatiques défavorables dans les grandes plaines américaines et la sécheresse persistante, notamment au Nebraska et en Oklahoma. La montée des prix du lait reflète le recul de la production en Europe et en Océanie, alors que la demande de l’industrie laitière demeure soutenue. Le renchérissement du sucre est attribuable aux anticipations d’un resserrement de l’offre mondiale, les prévisions de production pour la campagne 2025/2026 ayant été révisées à la baisse, tandis que l’augmentation des prix du pétrole stimule la demande de canne à sucre destinée à la production de biocarburants », précise la source.
Et la BCEAO de souligner : « Sur une base annuelle, l’indice des cours des principaux produits alimentaires importés par les pays de l’UEMOA s’est renforcé de 2,1% au deuxième trimestre de 2026, après une baisse de 11,2% le trimestre précédent. Cette évolution traduit essentiellement l’augmentation des cours des huiles végétales (+48,6%) et du blé (+13,6%), atténuée par le repli des prix du riz (-9,8%), du lait (-8,3%) et du sucre (-5,4%) ».
Par Massaër DIA





































