Khalifa Sall a démontré, à l’occasion du congrès de Taxawu Sénégal, une capacité de mobilisation que ses adversaires politiques pensaient durablement entamée. Des milliers de militants et sympathisants ont répondu à l’appel, transformant ce rassemblement en véritable plébiscite pour le leader. Le congrès s’est imposé comme un signal fort envoyé à l’ensemble de la classe politique : Khalifa Sall conserve une base militante solide.
Ils étaient venus de Dakar et de ses périphéries, du Sine-Saloum et de Casamance, du nord et de l’est du pays. Ils portaient les couleurs de Taxawu Sénégal avec une conviction que les turbulences politiques récentes n’avaient visiblement pas érodée. Le congrès du 10 mai a constitué, pour quiconque doutait encore de la vitalité du mouvement Taxawu Sénégal de Khalifa Sall, une réponse sans équivoque.
Car, mobiliser dans ce contexte relevait du défi. Le champ politique sénégalais est recomposé, les alliances se font et se défont à une cadence accélérée, et plusieurs voix annonçaient avec insistance le déclin d’un parti fragilisé par des dissidences internes. La réalité du terrain a contredit ces pronostics avec une clarté déconcertante.
Khalifa Sall, dans son allocution, a rappelé les fondements de son engagement politique : « ancrer l’action dans les réalités vécues par les Sénégalais, défendre une vision de gouvernance où la proximité avec les citoyens n’est pas un slogan mais une pratique quotidienne ». Son discours, nourri de références à l’histoire politique nationale et à l’héritage de luttes auxquelles il a lui-même participé, a visiblement touché une assistance acquise mais aussi conquis des observateurs venus sans préjugé favorable.
Le leader du nouveau parti Taxawu Sénégal a placé la gouvernance, la justice et les libertés au cœur de son discours. Il a plaidé pour un État impartial, sobre et exemplaire, capable de servir exclusivement l’intérêt général à travers une gestion rigoureuse et transparente des ressources publiques. Sur la justice, il a insisté sur l’urgence de garantir une indépendance réelle de l’institution judiciaire afin d’assurer l’égalité devant la loi et de mettre fin à toute forme de justice sélective. Il a également défendu avec fermeté les libertés publiques, notamment la liberté d’expression, de presse, de manifestation et d’opposition, considérées comme les fondements essentiels de toute démocratie véritable.
La mobilisation du 11 mai n’est pas seulement un succès d’organisation. Elle est le signe que Khalifa Sall reste, dans la géographie politique du Sénégal, un repère pour des centaines de milliers de citoyens qui voient en lui un opposant crédible, un homme d’État expérimenté et un acteur dont la longévité politique n’a d’égale que sa ténacité.
Khalifa Sall a assumé les alliances que Taxawu a eu à sceller avec les actuels tenants di pouvoir. « J’ai me suis allié à eu eux dans Yewwi j’assume. Je ne le regrette pas parce que c’était un combat d’un moment et d’une vie », a laissé entendre l’ancien maire de Dakar. Cependant, il assume autant sa position d’opposant face au régime actuel. « Aujourd’hui je leur fais face parce que les gens commencent à s’inquiéter de la trajectoire que le pays est en train de prendre. Tout ce qui a été construit dans ce pays est en train de s’écrouler ».
Ce qui inquiète le plus Khalifa Ababacar Sall, c’est dit-il : « la désacralisation des institutions ».

































