Dans le cadre de la mise en œuvre de sa politique de conservation et de gestion durable des ressources marines et côtières, la Direction des Aires marines communautaires protégées (Dampc) a organisé le vendredi dernier 15 mai 2026, une rencontre de validation de la stratégie nationale des Aires marines protégées (Snamp) 2026-2030. Cette rencontre qui a réuni les principales parties prenantes de secteur maritime et environnemental, est une occasion pour les autorités étatiques de faire de ces océans un rempart contre la pauvreté.
Par Idrissa NIASSY
Le Sénégal veut faire de ses océans un rempart contre la pauvreté, l’insécurité alimentaire et les effets du changement climatique. C’est pourquoi, les autorités ont validé la Stratégie nationale des Aires marines protégées (Snamp) 2026-2030 pour la préservation de la biodiversité marine et côtière, un document jugé crucial pour l’avenir des ressources halieutiques et des milliers de familles vivant de la pêche artisanale.
Dans un contexte marqué par la raréfaction des poissons, l’érosion côtière et la pression croissante sur les écosystèmes marins, cette nouvelle feuille de route affiche une ambition claire : protéger durablement les richesses marines tout en améliorant les conditions de vie des communautés côtières. Portée par le ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique, à travers la Direction des Aires marines communautaires protégées, la stratégie prévoit le renforcement des Aires marines protégées, une meilleure gouvernance des ressources naturelles et une implication plus forte des populations locales dans la gestion des espaces maritimes.
Selon le Colonel Momar Sow, Directeur des Aires marine communautaires protégées (Dampc), cette stratégie qui le fruit d’un processus profondément participatif et inclusif, est également une occasion de promouvoir des activités économiques durables capables de générer des revenus sans compromettre l’équilibre des écosystèmes. Pour lui, le Sénégal étant, par essence, une grande nation maritime, avec une façade côtière d’environ 718 kilomètres et une zone économique exclusive ancrée au cœur du grand écosystème marin du courant des Canaries, subit aujourd’hui une intensification rapide et sans précédent des pressions tant environnementales qu’économiques. « La surexploitation de certains de nos stocks halieutiques, la dégradation de nos habitats côtiers, la pollution marine, les effets de plus en plus tangibles du changement climatique, ainsi que l’émergence de nouvelles activités industrielles offshore, menacent cet équilibre fragile », a-t-il alerté. Face à ce constat, signale-t-il, l’inaction n’est pas une option. « La gouvernance durable de notre espace marin est devenue un impératif de survie, un enjeu stratégique majeur pour le Sénégal », a-t-il déclaré.
Colonel Momar Sow s’exprimait en marge de l’atelier de validation de la Stratégie nationale des Aires marines protégées (Snamp) 2026-2030. Selon lui, les Aires marines protégées (Amp) doivent s’imposer comme un instrument central de notre politique publique. « Loin d’être de simples zones de mise sous cloche, les Amp sont des espaces dynamiques permettant de concilier la conservation de notre riche biodiversité, la garantie de notre sécurité alimentaire, le renforcement de notre résilience climatique et le développement d’une véritable économie bleue durable et équitable », souligne-t-il. Cette stratégie qui est la troisième, après celle de 2014-2018, et celle de 2020-2024, porte une ambition forte qui consiste à porter la couverture des aires marines protégées à au moins 10 % de la Zone économique exclusive du Sénégal d’ici 2030, tout en garantissant une meilleure efficacité de gestion, une gouvernance transparente et des mécanismes de financement pérennes.
Dans sa prise de parole, Mamadou Diagne, Représentant ministre de la Pêche et de l’Économie Maritime, a salué l’accent mis dans cette nouvelle stratégie, tout en réaffirmant l’engagement de son département à accompagner la mise en œuvre de ce Plan, notamment en travaillant avec les pêcheurs pour faire des exercices modèles de croissance plus haute.



































