La Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), dans son document : « Note De Conjoncture Économique Dans Les Pays De l’Uemoa », estime qu’en avril 2026, l’indice des prix des produits de base exportés par les pays de l’UEMOA s’est renforcé de 0,3%.
« L’indice des prix des principaux produits de base exportés par les pays de l’UEMOA a progressé de 0,3% en avril 2026, après une hausse de 0,1% un mois plus tôt. Cette évolution est imputable à l’augmentation des cours du coton (+13,3%), du phosphate (+10,2%), du pétrole (+7,1%), des huiles de palme (+6,6%) et de palmiste (+4,5%), du zinc (+5,7%), du cacao (+4,5%) et du caoutchouc (+2,2%). À l’inverse, les cours du gaz naturel (-14,9%), du café (-8,5%), de l’uranium (-3,9%), de l’or (-2,8%) ont reculé sur la période », note la BCEAO.
D’après le communiqué de presse, les cours du pétrole se sont raffermis, en raison de l’impasse diplomatique dans le conflit en Iran et du retrait des Emirats Arabes Unis de l’OPEP, laissant craindre une accentuation des tensions sur l’offre mondiale.
« Les prix du coton ont été soutenus par la montée des prix du polyester, fibre synthétique issue du pétrole, ce qui a accru l’attrait du coton en tant que substitut naturel. L’augmentation des prix du phosphate s’explique par les restrictions à l’exportation mises en place par la Chine, entraînant un resserrement de l’offre mondiale », renseigne la source.
Progression des cours de l’huile de palme et de palmiste
« Les cours de l’huile de palme et de palmiste ont progressé en raison de la fermeté des prix du pétrole brut favorisant la demande de biodiesel, ainsi que des risques climatiques liés au phénomène El Niño. La hausse des cours du zinc est imputable aux tensions sur l’offre, dans un contexte de baisse des stocks mondiaux et de fermetures des fonderies au Kazakhstan et en Australie, liées à l’accroissement des coûts énergétiques », note la source.
Renforcement des cours du cacao
« Les cours du cacao se sont renforcés en raison des rachats importants, dans un contexte de craintes sur l’approvisionnement. L’irrégularité des précipitations dans les principales régions cacaoyères de la Côte d’Ivoire commence à susciter des inquiétudes sur le marché mondial du cacao. Les prix du caoutchouc ont été soutenus par le renchérissement du pétrole, qui accroît le coût du caoutchouc synthétique et renforce la demande de caoutchouc naturel », précise la source.
Recul des cours du gaz naturel
« En revanche, les cours du gaz naturel ont reculé, sous l’effet de la baisse de la demande de chauffage, qui a contribué à maintenir les niveaux de stockage au-dessus des moyennes saisonnières. Les cours du café se sont repliés en raison des anticipations d’une offre abondante, notamment en provenance du Brésil », explique la source.
Et le document de poursuivre : « L’agence publique brésilienne chargée notamment du suivi des marchés agricoles et des stocks alimentaires (Conab) anticipe des récoltes d’environ 66,2 millions de sacs en 2026, soit une augmentation de 17,1% par rapport à 2025. Les cours de l’or se sont affaiblis, en lien avec les perspectives de maintien de politiques monétaires restrictives dans un contexte de résurgence des tensions inflationnistes alimentées par la hausse des prix de l’énergie, réduisant ainsi l’attrait des actifs non rémunérateurs. Les cours de l’uranium ont reculé, en raison d’un retour à des niveaux de demande plus modérés de la part des services publics, après les fortes tensions observées sur les marchés de l’énergie en début d’année ».
« Par rapport à avril 2025, l’indice des prix des principaux produits exportés par les pays de l’UEMOA a baissé de 3,4%, après une contraction de 2,2% le mois précédent. Cette diminution concerne les prix du cacao (-58,5%), du café (-35,8%), du bois de grume (-12,1%) et de la noix de cajou (-9,1%). En revanche, les cours du pétrole (+54,1%), de l’or (+47,7%), du zinc (+28,3%), de l’uranium (+25,4%), des huiles végétales (+16,7%), du coton (+15,4%), du phosphate (+14,2%), du caoutchouc (+12,7%) et du gaz naturel (+3,4%) ont augmenté », renseigne la source.
« En avril 2026, l’indice des prix des principaux produits alimentaires importés dans l’UEMOA s’est accru de 1,7% en variation mensuelle, après une hausse de 6,3% enregistrée le mois précédent. Cette évolution résulte du renforcement des cours de l’huile de soja (+6,3%), du lait (+6,0%), du blé (+1,1%) et du sucre (+0,7%). Par contre, les prix du riz (-0,9%) se sont repliés sur la période sous-revue », note le document.
Hausse des cours de l’huile de soja
« La hausse des cours de l’huile de soja s’explique par la demande soutenue de biocarburants et les contraintes d’offre en Amérique du Sud. La progression des prix du lait est attribuable à une baisse de la production en Europe et en Océanie, alors que la demande industrielle reste élevée. Les cours du blé se sont raffermis, en raison de conditions climatiques défavorables, notamment la sécheresse dans les grandes plaines américaines, qui pèse sur les perspectives de production. Les prix du sucre ont été soutenus par le renchérissement du pétrole, qui a renforcé la demande de canne à sucre pour la production d’éthanol, utilisé comme substitut énergétique », souligne la source.
Toujours d’après la source, le recul des prix du riz est attribuable à l’abondance des stocks mondiaux, résultant de plusieurs années de forte production. Et l’Inde, principal exportateur mondial, détient des niveaux de stocks record (42 millions de tonnes), ce qui contribue à détendre le marché et à maintenir une offre excédentaire.
« Par rapport à la même période de l’année 2025, l’indice des prix (en devise) des principaux produits alimentaires importés par les pays de l’UEMOA s’est affaibli de 2,1%, après une baisse de 3,7% le mois précédent. Cette évolution est due principalement au fléchissement des cours du riz (-17,5%), du sucre (-8,9%) et du lait (-2,0%). En revanche, les prix des huiles végétales (+47,4%) et du blé (+12,4%) se sont renforcés », note la source.
« L’indice des prix exprimés en franc CFA, des produits alimentaires importés par les pays de l’UEMOA s’est replié de 12,6%, en variation annuelle, en raison d’une diminution des prix du sucre (-25,8%), du riz (-20,8%) et du lait (-5,9%), atténuée par le raffermissement des cours du blé (+7,9%) et des huiles végétales (+2,7%) », conclut la source.
Par Massaër DIA.































