À Kaolack, les autorités régionales veulent intensifier la mobilisation contre les risques liés à la mauvaise alimentation et aux aliments insalubres. À l’occasion d’une caravane de sensibilisation et de communication sur la sécurité sanitaire des aliments, Mamadou Habib Camara, adjoint au gouverneur de Kaolack chargé du développement, a appelé à une action collective impliquant services de l’État, collectivités territoriales, journalistes et populations.
La sonnette d’alarme est tirée. La mauvaise alimentation et l’insécurité sanitaire des aliments prennent une ampleur préoccupante et constituent désormais un enjeu majeur de santé publique. C’est le constat dressé à Kaolack par Mamadou Habib Camara, adjoint au gouverneur chargé du développement, lors d’une caravane organisée par l’Association des journalistes en santé, population et développement (Ajspd). Axée sur le thème Les risques liés à l’alimentation de rue, les gestes simples permettant de réduire les risques sanitaires, les responsabilités partagées entre vendeurs, consommateurs et autorités », cette rencontre est consacrée à la sensibilisation des populations.
Pour le représentant de l’autorité administrative, la sécurité alimentaire ne saurait être dissociée de la sécurité sanitaire des aliments. « Autant qu’on doit viser la sécurité alimentaire, nous devons fournir aussi ces mêmes efforts pour que cette sécurité, une fois obtenue, permette aux populations de disposer d’aliments de qualité et de les consommer dans de bonnes conditions», a-t-il expliqué.
L’adjoint au gouverneur a mis en avant l’aggravation des conséquences sanitaires liées à la mauvaise alimentation. Selon les chiffres qu’il a cités, la proportion de personnes tombant malades en raison de la mauvaise alimentation serait passée d’une personne sur dix à une personne sur neuf. Plus préoccupant encore, le nombre de décès attribués à ce phénomène serait passé, selon lui, de 600 000 à 1,52 million. Face à cette tendance, il appelle à « un sursaut» et à une mobilisation de tous les acteurs afin d’inverser la courbe.
La région de Kaolack entend prendre sa part dans cette bataille. Plusieurs services déconcentrés de l’État ont ainsi été mobilisés, notamment la Direction régionale de l’élevage, la brigade régionale des sapeurs-pompiers, la brigade régionale d’hygiène et la Direction régionale de la santé.
Le combat doit être global
Pour Mamadou Habib Camara, la lutte contre les aliments à risque ne peut être portée par les seuls services de contrôle. « La lutte contre la mauvaise alimentation est un combat global, tous les acteurs doivent s’impliquer », insiste-t-il.
Les journalistes ont également un rôle à jouer dans cette mobilisation, à travers l’information et la sensibilisation des citoyens. Les collectivités territoriales sont elles aussi appelées à s’engager davantage, compte tenu de leur proximité avec les populations. Il annonce d’ailleurs la poursuite des activités de sensibilisation dans la région, en collaboration avec les services de santé. L’objectif est de construire une démarche commune et de définir un plan d’action régional contre les risques liés à l’alimentation. Au-delà des contrôles et des campagnes de sensibilisation, les autorités invitent les consommateurs à adopter des comportements plus sûrs.
Le premier réflexe consiste à bien choisir les lieux d’achat des aliments et à veiller à leurs conditions de préparation. L’adjoint au gouverneur recommande notamment le lavage régulier des mains avant les repas, le nettoyage des ustensiles et la propreté des matériels utilisés pour la préparation et la cuisson des aliments. Car, rappellet-il, une alimentation saine constitue « le premier moyen de se prévenir contre certaines maladies ». Cette vigilance est d’autant plus nécessaire que les maladies non transmissibles liées aux mauvaises habitudes alimentaires connaissent également une progression préoccupante dans la région.
À Kaolack, le message est donc clair : produire et rendre disponibles les aliments ne suffit plus. Il faut également garantir leur qualité sanitaire, depuis le lieu d’achat jusqu’à l’assiette. Une responsabilité qui incombe à la fois aux pouvoirs publics, aux acteurs du secteur alimentaire et aux consommateurs.
L’alimentation de rue, c’est tout ce qui est préparé sur place te vendu sur place
Prenant la parole, Dr Mamadou Ndiaye, Expert docteur vétérinaire, consultant international en sécurité sanitaire des aliments au bureau sous-régional de la Fao, a donné une explication nette de ce qui est une alimentation de rue. « L’alimentation de la rue, c’est tout ce qui est préparé ailleurs que dans la rue où préparé sur place et vendu sur place. Donc ça implique beaucoup de types d’aliments », a-t-il fait savoir.
Pour lui, ce type d’aliments a été identifié quatre catégories. Il s’agit des plats cuisinés, le bouillon qu’on connaît, le mafé, le Ndambé etc. Les jus locaux, les boissons chaudes, comme café Touba, Wass, et les grillades. D’après lui, ces quatre catégories se retrouvent majoritairement au niveau de la rue. Ce qui fait qu’il y a non seulement une implication en termes de choix les matières premières, mais aussi en termes de technologie. Parce que ditil, après la préparation, il y a l’aspect conservation qui se pose. C’est pourquoi, la Fao à travers le projet qui est en train de se finaliser avec l’appui du grand-duché de Luxembourg a décidé d’appuyer ces trois pays, le Sénégal, le Burkina et le Mali. Après un diagnostic, un Comité d’- experts a mis en place deux guides de référence (un guide bonne pratique et un guide d’inspection) qui sont connus. C’est ainsi que des formations de formateurs ont été mises en place d’abord pour les acteurs et des formations de formateurs pour les inspecteurs. « Ces agents sont déployés sur le terrain pour former les pilotes dans ces trois villes (Dakar, Thiès et Kaolack).
Plus 70 % des maladies liées aux aliments sont d’origine bactérienne
Dans sa prise de parole toujours, il a fait part, que plus de 70 % des maladies liées aux aliments, sont d’origine bactérienne. Raison pour laquelle, il invite, avant de mettre quelque chose dans ton ventre, il faut bien se laver les mains à chaque fois qu’on consomme un aliment, les ustensiles que nous utilisons soient le plus propre, et enfin la personne elle-même doit être en bonne santé. « Il faut aussi réfléchir à l’environnement de manipulation des aliments que ça soit à la maison mais également au niveau des marchés », a-t-il précisé.
Avant d’appeler à la génération de données et à la mobilisation globale pour que ça soit autorité, acteur, consommateur, chercheurs soient plus impliqués pour qu’on puisse gagner cette bataille de la sécurité sanitaire des aliments. À Kaolack, une ville carrefour, ce dernier de faire savoir que ceux qui mangent dans la rue n’ont pas le choix. « Les gens qui mangent dans la rue le font par nécessité », souligne-t-il. Par ailleurs, il salué l’effort fait par certains restaurateurs de la rue, ce qui mérite d’être mis en exergue pour qu’on les montre en exemple.
Par Idrissa NIASSY


































