Abdourahmane Maiga, juriste, Directeur des structures à la République des Valeurs s’étonne de la sortie, ce week-end, de l’ancien Premier Ministre Ousmane Sonko, sur l’affaire Aser. Dans une tribune transmise ce lundi à la rédaction de Lii quotidien, il se demande : « pourquoi Sonko s’affole ? »
« Une question écrite restée sans réponse, des communiqués sans signature, un juge désormais saisi et une procédure en Espagne : au moment précis où les pièces se mettent à parler, le pouvoir de la « rupture », lui, se met à crier. Décryptage d’un affolement », a entamé Abdourahmane Maiga, directeur des structures de la République de Valeurs.
Il se scandalise : « Ousmane Sonko dénonce des ‘’saboteurs’’. Il balaie les questions sur les 37 milliards de francs CFA comme des attaques ‘’sans tête ni queue’’. Il transforme une affaire d’argent public en complot politique ». Pourtant, selon lui, une seule question résume la situation : « si tout est propre, pourquoi tant de colère ? Et pourquoi maintenant ? ».
Après avoir rappelé les faits, M. Maiga note que « tant que le dossier était une affaire de meetings, on pouvait le noyer sous les meetings. Depuis qu’il est une affaire de pièces, les meetings ne servent plus à rien. On ne réconcilie pas un compte bancaire avec un discours ».
« Disons-le nettement : à ce jour, aucun élément public n’établit qu’Ousmane Sonko ait reçu un franc ou ordonné le moindre transfert illicite. L’écrire serait mentir, et les personnes citées gardent la présomption d’innocence. Mais la responsabilité politique, elle, ne se mesure pas à ce qu’un dossier prouve : elle se mesure à ce qu’un dirigeant fait quand on l’alerte. Exige-t-il un audit ? Met-il en demeure le titulaire ? Publie-t-il l’état réel des travaux, village par village ? Ou défend-il d’abord ses hommes en salissant ceux qui réclament des comptes ? », se demande-t-il.
Pour Abdourahmane Maiga, le décaissement, la renégociation, la défense obstinée du projet, l’inaction : tout s’est joué sous un gouvernement dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye, avec Sonko à la Primature. « Le contrat est un héritage ; sa gestion, non. Ce n’est pas un homme qui est sur le gril », dit-il.
Il a dans la foulée, rappelé que « dans l’opposition, Pastef réclamait des preuves et brandissait la transparence comme un étendard ». Au pouvoir, il réclame surtout qu’on lui fasse confiance. Même parti, standard inversé. À la place de la rupture, un décor devenu familier : un slogan increvable, des communiqués sans signature, et des villages toujours sans lumière. Ce n’est plus de la rupture. C’est du populisme qui tient lieu de programme, et de l’improvisation qui tient lieu de résultats », déplore-t-il. « Sonko préside désormais l’Assemblée nationale. Il tient donc le remède le plus simple à tous les soupçons : faciliter la commission d’enquête réclamée depuis un an, ouvrir des auditions publiques, exiger la transmission des pièces, coopérer pleinement avec les justices sénégalaise et espagnole. Publier les livres, en entier. Il ne l’a pas fait. Il a préféré un énième discours et un énième adversaire.
Son affolement ne prouve rien contre lui. Mais quand on crie « sabotage » au lieu de publier les factures, c’est rarement le saboteur qu’on cherche à faire taire. Quelque part, le dossier gratte. Et il gratte de plus en plus fort », a laissé entendre le directeur des structures de la République des Valeurs.
Par Ibrahima DIOP





































