À deux mois des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, affiche désormais davantage de sérénité. Après la réception du Centre équestre et du Village olympique de la jeunesse, le chef de l’État s’est dit « très satisfait » du niveau d’exécution des infrastructures visitées. Mais derrière cette satisfaction pointe une consigne ferme : pas question de baisser la garde jusqu’à la dernière minute.
Le contraste est saisissant. Il y a quelques mois encore, certaines infrastructures censées accueillir les délégations et les compétitions étaient loin d’afficher leur visage définitif. Lors de sa première visite des sites de compétition, le 2 novembre dernier, le président de la République reconnaissait lui-même ses inquiétudes face au rythme des travaux. Aujourd’hui, le décor a radicalement changé.
Au Centre équestre, tout semble désormais prêt pour accueillir les compétitions. Tribune achevée, équipements installés, aménagements finalisés et carrières opérationnelles : le site affiche les standards attendus pour une compétition internationale. Les chevaux présents sur place ont également permis de démontrer la qualité des installations. Le site comprend notamment le « Mess Mix », initialement destiné à la Gendarmerie, mais transformé en espaces administratifs pour les opérations du Comité d’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (COJOJ). Une adaptation qui illustre la volonté de mettre chaque espace au service de l’organisation des Jeux.
À l’issue de la visite, Bassirou Diomaye Faye n’a pas caché sa satisfaction. « Aujourd’hui, je suis, pour ce qui est de la réception des infrastructures qui ont été visitées, très satisfait et davantage rassuré », a-t-il déclaré le samedi dernier lors de la réception officielle du village Olympique de Diamniadio et du Centre équestre. Cette cérémonie qui constitue une étape majeure dans la mise à disposition des infrastructures destinées à l’accueil des JOJ Dakar 2026, est une occasion pour le président de la République de saluer l’engagement des autorités ministérielles, administratives et militaires, avec une mention particulière à la Gendarmerie, impliquée dans le chantier. Il a également appelé les entreprises à maintenir le même niveau d’exigence, aussi bien sur la qualité que sur le respect des délais contractuels. Car pour le chef de l’État, le plus dur n’est pas encore derrière. « Ce n’est surtout pas le moment, à deux mois des Jeux, de relâcher cette pression », a-t-il martelé. Une mise en garde qui sonne comme une feuille de route pour les prochaines semaines. Les infrastructures réceptionnées ne doivent pas faire oublier celles qui restent à contrôler, ni les nombreux détails organisationnels qui détermineront la réussite de l’événement.
Le chef de l’État est revenu également sur les raisons de son implication directe dans le suivi du dossier JOJ. Après son retour de Paris en 2024, il avait convoqué un Conseil interministériel consacré aux Jeux et demandé la mise en place d’un comité au niveau de la Primature. Mais face à un rythme d’exécution qu’il jugeait insuffisamment rassurant, il a décidé de prendre personnellement les choses en main. « Ne voyant pas que les choses avançaient au rythme qui rassurait, je me suis impliqué personnellement », a-t-il expliqué. Une implication qui s’est traduite, selon lui, par une pression accrue sur les différents acteurs. Il a notamment salué le suivi régulier effectué par le ministère des Infrastructures et les autres départements concernés, ainsi que les efforts consentis par les entrepreneurs et les ouvriers, y compris à travers des heures supplémentaires.
Au-delà des infrastructures, le président Faye veut surtout faire des JOJ une affaire de souveraineté et d’image nationale. Pour lui, l’enjeu dépasse largement le cadre sportif. « C’est notre honneur et notre dignité en tant que peuple, en tant que nation, en tant que pays qui est engagé », a-t-il insisté. Dans cette perspective, chaque responsable, qu’il soit entrepreneur, agent administratif, membre du COJOJ ou du Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS), porte une part de la responsabilité du succès ou de l’échec des Jeux. Le chef de l’État réclame ainsi un véritable « dépassement de fonction » et surtout une mobilisation collective autour d’un même objectif : défendre le drapeau national. Le message qu’il a adressé au CNOSS et au COJOJ est sans ambiguïté.
Les cérémonies d’ouverture, l’accueil des délégations et l’ensemble des opérations liées aux Jeux feront l’objet d’une attention particulière de la communauté internationale. Or, avec des délais désormais « particulièrement étriqués », la moindre faille pourrait ternir l’image du Sénégal. Bassirou Diomaye Faye demande donc un suivi rigoureux de toute la chaîne des engagements, afin que le niveau de satisfaction observé sur les infrastructures déjà visitées soit reproduit partout.
La réception du Centre équestre et du Village olympique constitue ainsi une étape importante, mais pas un point final. À Dakar, le compte à rebours est lancé. Et le président de la République entend bien maintenir la pression jusqu’au dernier jour. « L’Afrique accueille, Dakar célèbre » : pour le chef de l’État, désormais, chaque acteur des JOJ porte entre ses mains une part de l’honneur du Sénégal.



































