À Mbao, une localité située dans la banlieue dakaroise, le contrôle des vendeurs d’aliments de rue s’intensifie. Certificats médicaux, protection des denrées et salubrité des lieux font l’objet d’une surveillance quotidienne. Mais le débordement des fosses septiques, favorisé par une nappe phréatique affleurante et l’absence d’un réseau d’égouts complet, complique la lutte contre l’insalubrité.
Par Idrissa NIASSY
À Mbao, la sécurité sanitaire des aliments de rue se joue aussi dans les caniveaux et les rues inondées par les eaux usées. Chef de la sous-brigade d’hygiène de la localité, l’adjudant-chef El Hadji Moussa Diouf assure que ses équipes multiplient les contrôles auprès des vendeurs de nourriture. Une surveillance qui vise autant les pratiques commerciales que l’environnement immédiat des points de vente. « Nous faisons le contrôle chaque jour », explique-t-il.
Les agents sensibilisent les vendeurs à l’hygiène alimentaire, à la propreté des lieux et à la gestion des eaux usées ménagères. Ils veillent également à ce que les commerçants disposent d’un certificat médical, document exigé pour les personnes exerçant dans la vente de denrées alimentaires. Dans les rues de cette localité, les vendeurs sont ainsi régulièrement rappelés à leurs obligations. Le contrôle porte notamment sur la protection des aliments, la salubrité des espaces de vente et la possession du certificat médical. « Si tu ne respectes pas les règles d’hygiène, on te sensibilise. Et si tu ne veux pas respecter les normes, on te sanctionne », prévient l’adjudant-chef. Les contrevenants ne sont donc pas à l’abri de mesures répressives. Des interpellations ont également été enregistrées, même si elles restent peu nombreuses. Pour les agents, la sanction intervient notamment en cas de récidive, afin de dissuader les autres vendeurs de reproduire les mêmes manquements.
Sur le plan financier, l’absence de certificat médical peut entraîner, selon les dispositions évoquées par le chef de la sous-brigade, une amende comprise entre 9 000 et 18 000 F Cfa. La même fourchette est citée pour certaines infractions liées à l’insalubrité, à l’absence de poubelle ou à la non-protection des aliments. La gravité de l’infraction détermine toutefois la sanction applicable. Les contrôles ne se limitent pas aux activités diurnes. Des opérations nocturnes sont également organisées pour surveiller les vendeurs qui exercent la nuit, notamment dans les zones fréquentées par les populations.
Mais derrière les efforts de sensibilisation et de contrôle, une difficulté structurelle persiste. À Mbao, la nappe phréatique affleurante constitue, selon l’adjudant-chef Diouf, le principal problème d’hygiène publique. Les fosses septiques se remplissent rapidement et peuvent déborder dans les rues, particulièrement lorsqu’elles sont mal construites. « Notre problème majeur concerne les écoulements d’eaux usées », insiste-t-il.
La localité ne dispose pas, à ses dires, d’un réseau d’égouts complet. Les habitants doivent donc recourir à l’assainissement individuel. Or, la proximité de la nappe rend ces installations particulièrement vulnérables.




































