A l’issue d’une Rencontre nationale, tenue à Dakar le jeudi 23 avril 2026, ayant réuni des dizaines de parties prenantes du littoral dakarois, la Surfrider Foundation Sénégal a lancé un plaidoyer dont l’objectif général est « d’informer, et d’améliorer la qualité des eaux de baignade au Sénégal afin qu’elles atteignent, au minimum, un niveau satisfaisant pour la santé humaine et l’environnement ».
D’après le communiqué parvenu à notre rédaction, cette initiative fait suite à un programme de suivi et d’analyse des eaux récréatives ayant duré plus de deux ans, dont les résultats montrent une qualité de l’eau variable selon les sites et les saisons, parfois alarmante, dont les conséquences sont, notamment, des risques de maladies, la disparition d’espèces marine, la baisse des rendements de la pêche et un impact sur l’économie du littoral notamment par le tourisme et les activités nautiques.
Toujours d’après la source, à travers ce plaidoyer national, la Surfrider Foundation Sénégal et ses partenaires engagent une démarche collective pour informer et mobiliser l’ensemble des parties prenantes. Ils partagent les résultats de la qualité de l’eau, identifient les sources de pollution et proposent des recommandations et appellent à l’action les autorités publiques nationales (environnement, assainissement, urbanisme), les collectivités territoriales du littoral, les acteurs économiques du littoral, les usagers du littoral et les citoyens.
Un programme impliquant 48 organisations
« La Surfrider Foundation Sénégal, association engagée depuis 2020 pour la protection de l’océan, pilote depuis 2023 le programme « Qualité de l’Eau ». Ce programme vise à garantir aux usager·ère·s du littoral (baignade, pêche, surf, plongée…) une pratique sans risque sanitaire, tout en contribuant à la préservation durable du littoral sénégalais. Il repose sur une démarche collaborative impliquant des partenaires institutionnels, scientifiques et citoyens. Durant plus de deux ans, un suivi rigoureux de la qualité des eaux de baignade a été mené sur six sites emblématiques et fortement fréquentés du littoral dakarois : Virage, Baie des Carpes, Baie de Ngor, Secret Corniche des Almadies, Ouakam – plage de la Mosquée de la Divinité, et Yoff BCEAO », précise le document.
Une qualité des eaux variable et préoccupante
« Grâce à un réseau citoyen structuré, 80 campagnes de prélèvements de l’eau, soit 467 analyses bactériologiques réalisées par l’Institut Pasteur, ont été menées d’octobre 2023 à mars 2026. Les analyses se sont focalisées sur le taux de deux bactéries fécales (Escherichia Coli – « E-coli » – et Entérocoques) indicatrices de pollution bactériologique et utilisées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et la réglementation de nombreux pays afin d’évaluer le risque sanitaire lié à la baignade », note le document.
D’après la source, une majorité des prélèvements présente une qualité compatible avec la baignade, mais une proportion importante, 42,8 % des résultats, sont non satisfaisants témoignant d’une pollution bactériologique préoccupante.
La qualité de l’eau est variable selon les sites :
« Site avec une qualité de l’eau satisfaisante pour la baignade : Ouakam ; Site avec une qualité de l’eau globalement satisfaisante présentant quelques contaminations : Virage et Secret ; Site non satisfaisant avec contaminations fréquentes et risques sanitaires : baie de Ngor ; Sites identifiés « à risque » nécessitant des efforts importants pour le maintien d’activités nautiques : Yoff et Baie des Carpes ; La Baie des Carpes est le site le plus dégradé du suivi pour E. coli », souligne le document.
Les potentielles causes de pollution bactériologique sont systémiques et multidimensionnelles
« Absence d’un système d’assainissement fonctionnel et contrôlé : rejets d’eaux usées non traitées dans la mer, déjections animales, déversement « d’eaux grises » (ménagères, mais souvent mélangées aux « eaux noires », des toilettes), déversement de déchets solides et plastiques ; Urbanisation non régulée du littoral : constructions dans des zones protégées, absence de systèmes d’assainissement… ;Infrastructures publiques insuffisantes : réseaux d’assainissement inexistants ou défaillants, stations d’épuration insuffisantes ou mal suivies, branchements d’eaux usées sur des canaux d’eaux pluviales, gestion des déchets insuffisante », note la source.
Le plaidoyer propose des recommandations d’action prioritaires
« Engager les citoyens et renforcer la sensibilisation et l’information ; Mettre en place des solutions d’assainissement autonomes des eaux usées et grises dans les quartiers ; Contrôler les rejets d’eaux usées et d’eaux pluviales ;Renforcer les structures de collecte et de traitement des eaux usées 5 ; Création de nouveaux réseaux d’assainissement ; Prévention et gestion des déchets sur le littoral ;Régulation des activités polluantes et respect de la réglementation existante ; Identifier et suivre la qualité des eaux récréatives ; Mettre en place une norme de baignade sénégalaise ;Améliorer la gouvernance de la gestion du littoral », précise la source.
Par Massaër DIA.





























