Le gouvernement du Sénégal, à travers le ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique, accueille une rencontre régionale de renforcement des capacités en matière d’établissement des rapports. Cette rencontre de quatre jours (du 18 au 21 mai 2026) qui entre dans le cadre du Programme mondial d’appui à l’établissement des rapports de la Convention des pays d’Afrique francophone, est organisée en partenariat avec l’Udep et l’Observatoire du Sahara et du Sahel ((Oss) avec l’appui du Pnud.
Par Idrissa NIASSY
Réunis à Dakar, les points focaux des pays d’Afrique francophone engagés dans la lutte contre la dégradation des terres, la désertification et la sécheresse participent à un atelier régional de renforcement de capacités consacré à l’établissement des rapports et au suivi des engagements environnementaux internationaux. Cette rencontre stratégique vise non seulement à améliorer la qualité des données, mais aussi à harmoniser les méthodes de collecte, tout en renforçant les compétences techniques des experts nationaux chargés du reporting dans le cadre de la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (Cnulcd). Durant quatre jours (du 18 au 21 mai 2026), les participants échangent sur les mécanismes de suivi des indicateurs liés à la neutralité en matière de dégradation des terres, à la résilience des communautés vulnérables et à la gestion durable des ressources naturelles.
Les travaux portent également sur l’utilisation d’outils numériques et de plateformes de collecte de données destinés à améliorer la production des rapports nationaux. Dans un contexte marqué par l’avancée du désert, la raréfaction des ressources en eau et les effets du changement climatique sur les systèmes agricoles et pastoraux, il est urgent de disposer de données fiables afin d’orienter les politiques publiques et mobiliser davantage de financements internationaux. Selon le ministre de l’Environnement et de la Transition Écologique, le Dr Abdourahmane Diouf d’indiquer : « c’est une rencontre d’une envergure internationale, où tous les pays qui font partie de la Convention contre la désertification ont l’obligation de faire des formations pratiques pour mieux comprendre les enjeux liés à la désertification, la dégradation des sols et de toutes les questions liées à la diplomatie environnementale ». « Cette question englobe le littoral, l’érosion côtière et la faune et la flore », ajoute-t-il. Pour lui, cette rencontre est aussi une occasion pour l’Afrique francophone de définir des positions de négociation. Parce que, dit-il, à l’international ce sont les questions de transition écologique, de diplomatie environnementale, qui seront débattues avec les groupes de pays, avec des mots d’ordre précis pour faire leur position, contrairement aux pays qui défendent des positions individuelles. « C’est pourquoi organiser une rencontre d’une telle envergure pendant presque une semaine sur la lutte contre la sécheresse et la désertification, est une aubaine pour le Sénégal », affirme le ministre de l’Environnement.
Parlant de la diplomatie environnementale que le Sénégal est résolument orienté, comme la Cop, ce dernier de faire savoir que les autorités étatiques sont en train de préparer les prochaines échéances à travers des rencontres internationales pareilles où elles prennent le temps, le soin d’entraîner les experts, d’harmoniser ses positions, pour mieux les comprendre et aller les défendre à l’international.
Abondant dans le même sens Mustapha Mimouni, Directeur du département de la technologie, de l’Information et de la télédétection à l’Observatoire du Sahara et du Sahel, a fait savoir que la lutte contre la dégradation des terres, la désertification et la sécheresse, surtout dans un contexte de changement climatique auquel nous faisons face, ne peut réussir que sur une base de données fiables. « C’est pourquoi, cet atelier reste un espace d’échange sud-sud qui vise à lever des barrières techniques liées au rapportage, tout en renforçant la voie de l’Afrique dans les négociations internationales », a-t-il déclaré.
« Elle nous permettra de maîtriser de nouveaux outils de calcul et de soumission, comme le Price Guide, le Trend Earth, et découvrir aussi des produits et des outils développés par l’Oss, entre autres, tout en identifiant les lacunes dont la collecte de données nationale sert à améliorer les rapports nationaux », ajoute-t-il. « La désertification et la sécheresse sont des contraintes majeures au développement socio-économique de nos pays », a déclaré pour sa part, Jean Kouakou Kouadio, président du groupe africain. Il a profité de cette occasion pour inviter les pays africains à combattre au quotidien pour venir à bout de ces fléaux pour le bien-être de tous, surtout des populations rurales.
































