Le nouveau directeur général du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), Mam Cherno Jallow, veut faire du renforcement des capacités techniques et financières des États membres l’une de ses priorités.
M. Jallow a pris cet engagement lors de sa prise de fonctions. Il a été désigné directeur général du GIABA, pour un mandat de quatre ans, en remplacement du Libérian Edwin W. Harris Jr. ‘’Le premier point sur lequel nous allons vraiment travailler, c’est l’aspect technique. La lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme nécessite beaucoup d’outils techniques’’, a dit Mam Cherno Diallo. Pour y arriver, le diplomate gambien va renforcer les capacités techniques et financières des États membres, celles du secrétariat du GIABA également.
La stratégie à mener va s’inscrire dans le cadre du troisième cycle des évaluations mutuelles, qui sera ‘’plus complexe’’, car les exigences du Groupe d’action financière (GAFI) ne portent plus uniquement sur la conformité technique.
Le GAFI est une institution internationale chargée de lutter contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme.
‘’Il ne s’agit pas seulement d’avoir des lois et des institutions dédiées à la lutte contre le financement du terrorisme et le blanchiment d’argent. Il faut s’assurer que ces lois et ces institutions fonctionnent bien et que tout cela se traduise par de bons résultats’’, a-t-il souligné.
Le nouveau directeur général du GIABA veut aussi mettre l’accent sur l’effectivité des dispositifs, afin que les législations et les institutions mises en place par les États soient efficaces.
Le GIABA, a rappelé Mame Cherno Jallow, s’occupe essentiellement des flux financiers issus des infractions sous-jacentes, dont la corruption et le trafic de drogue
‘’Notre action, c’est justement d’essayer de faire en sorte que les institutions financières soient assez outillées pour détecter les fonds illicites et bloquer l’accès de ces fonds-là au système financier régional et national, dans tous les pays membres’’, a-t-il précisé.
Le coordonnateur adjoint du bureau national de la CEDEAO au Sénégal, Mamadou Moustapha Seck, a insisté sur les menaces liées au blanchiment de capitaux, au financement du terrorisme, à la criminalité transnationale et à la prolifération des armes.
M. Seck estime, en intervenant à la prise de fonctions de M. Jallow, qu’elles fragilisent les pays de la région et les exposent à diverses vulnérabilités.
Il a appelé le nouveau directeur général du GIABA à soutenir la protection des économies nationales et la préservation de l’intégrité des systèmes financiers et bancaires de la région.
Le coordonnateur adjoint du bureau national de la CEDEAO au Sénégal l’a assuré du soutien du Sénégal à l’accomplissement de sa mission au service de la transparence, de la sécurité et du développement économique de la région. Le directeur du la Cellule nationale de traitement des informations financières, Cheikh Mouhamadou Bamba Siby, a insisté sur le travail accompli par le GIABA et a appelé les États membres à se concentrer sur les défis auxquels la région est confrontée.
‘’Les défis […] sont ceux d’une région confrontée à des menaces qui se renouvellent sans cesse. Ce sont les défis d’État membres qui attendent du GIABA davantage d’anticipation, d’accompagnement et de résultats’’, a-t-il dit.
Avec APS






























