Dans les sacs des écoliers, certains repas peuvent devenir de véritables incubateurs à microbes. Le Dr Mamadou Ndiaye, expert en sécurité sanitaire des aliments à la Fao, alerte sur les dangers liés aux aliments périssables transportés pendant plusieurs heures avant d’être consommés. Face à ce risque, il appelle à mieux encadrer la restauration dans les écoles et à contrôler ce que les enfants mangent.
La sécurité sanitaire des aliments ne doit plus s’arrêter aux portes des écoles. Pour le Dr Mamadou Ndiaye, expert en sécurité sanitaire des aliments, les repas préparés à la maison et transportés plusieurs heures dans les sacs des écoliers peuvent devenir un terrain favorable à la multiplication des microbes.
Une alerte qui place la restauration scolaire au cœur des priorités. « Si nous préparons des denrées périssables que nous donnons aux enfants » et qu’elles restent « 3, 4 ou 5 heures » dans les conditions du sac scolaire, des microbes peuvent se multiplier, avertit-il.
Dr Ndiaye s’exprimait en marge du Forum sur la sécurité sanitaire des aliments tenu le mardi dernier, sous l’égide de l’Ajspd en collaboration avec la Fao. Pour le spécialiste, la réponse ne consiste donc pas uniquement à responsabiliser les parents. La priorité est de maîtriser la qualité sanitaire des aliments vendus directement dans les écoles.
Il interpelle ainsi le corps enseignant et plaide pour une organisation différente de la restauration scolaire. Son idée : faire entrer les vendeurs dans l’enceinte des établissements, leur attribuer des espaces aménagés et contrôler les produits proposés aux enfants.
« Il ne faudrait pas accepter que devant l’école, n’importe qui vende et que ça soit accessible à l’enfant », insiste-t-il.
Cette approche permettrait également d’identifier et de suivre les acteurs de la restauration. Car, selon l’expert, l’un des principaux retards reste précisément l’absence de recensement systématique des vendeurs de rue et des différents acteurs de l’alimentation.
Au-delà de l’école, le Dr Ndiaye appelle à faire de la sécurité sanitaire des aliments une véritable priorité publique.
Il rappelle qu’elle serait à l’origine de 1,52 million de décès, selon le chiffre avancé lors du forum, et souligne que cette problématique demeure moins structurée que certaines grandes maladies pourtant dotées de programmes, de financements et de personnels dédiés. Pour les écoliers, l’enjeu est immédiat : savoir ce qu’ils mangent, où ils le mangent et dans quelles conditions ces aliments sont préparés et conservés.
Par Idrissa NIASSY



































