Le Comité Sectoriel Poste du Syndicat National des Travailleurs des Postes et Télécommunications (SNTPT) s’est réuni ce jeudi 09 juillet 2026 pour procéder à une évaluation approfondie de la situation de La Poste. Dans la déclaration liminaire, M. Ibrahima Sarr, secrétaire général du Syndicat National des Travailleurs des Postes et Télécommunications, estime que le changement de Gouvernement semble avoir plongé le dossier de La Poste dans un inquiétant oubli administratif.
« Conscient de cette réalité, l’État avait réuni, le 1er septembre 2025, un Conseil interministériel consacré exclusivement au redressement et à la relance de La Poste. Cette importante rencontre, présidée par l’ancien Premier ministre, avait débouché sur quinze décisions fortes, porteuses d’espoir aussi bien pour les travailleurs que pour tous les Sénégalais. Malheureusement, près d’une année plus tard, force est de constater que ces engagements sont restés, pour l’essentiel, au stade des intentions. Les mesures attendues tardent à se matérialiser, tandis que la situation de l’entreprise continue de se dégrader. Le constat est accablant : aucune mise en œuvre effective des mesures annoncées ; aucune communication sur l’état d’avancement des décisions ; aucune visibilité sur l’avenir de l’entreprise ; aucune réponse aux inquiétudes des travailleurs et des usagers. Pire encore, le changement de Gouvernement intervenu entre-temps semble avoir plongé le dossier de La Poste dans un inquiétant oubli administratif. Pourtant, un nouveau Premier ministre a été nommé et un nouveau ministre chargé des Postes a également pris fonction », a souligné M. Ibrahima Sarr, Secrétaire Général du Sntpt dans la déclaration liminaire.
Il poursuit : « Si nous prenons aujourd’hui la parole, c’est parce que le silence qui entoure la situation de La Poste est devenu aussi inquiétant que la crise elle-même. Face aux difficultés que traverse cette entreprise stratégique, le devoir de vérité nous impose de prendre la parole. Le Sénégal est peut-être en train de perdre l’une de ses plus importantes entreprises publiques, dans une indifférence qui ne dit pas son nom. Car La Poste n’est pas une entreprise comme les autres ».
Il estime que la Poste est un patrimoine national. Et elle est un outil de cohésion sociale et territoriale.
Il rajoute : « Le SNTPT avait légitimement espéré une relance du dossier de La Poste, un signal fort, une feuille de route claire. Mais, à notre grande surprise, lors de la passation de service au niveau du ministère de tutelle, aucun mot n’a été prononcé sur l’avenir de cette entreprise pourtant en situation d’urgence. Ce silence interpelle. Ce silence inquiète. Ce silence est dangereux. Car pendant que l’on se tait, la situation continue de se détériorer. Des travailleurs, qui ont pourtant consacré leur vie au service public, se retrouvent jusqu’au moment où nous parlons sans salaire et sans la moindre explication. Le SNTPT revient d’une tournée nationale qui a confirmé une réalité alarmante : le service public postal est en train de s’effondrer. Dans plusieurs localités du pays, les bureaux de poste sont dans un état de délabrement avancé ».
Selon M. Sarr, les agents travaillent dans des conditions indignes : manque de matériel, insuffisance d’équipements, bâtiments dégradés, parfois dangereux pour les travailleurs et les usagers.
Il souligne que le SNTPT dénonce : « l’absence de vision stratégique ; l’inertie dans la prise de décision ; un leadership défaillant ; des choix de gestion contestables ; une gabegie incompatible avec les principes de bonne gouvernance qui doivent prévaloir dans une entreprise publique de surcroit en situation de quasi-faillite ; une utilisation des ressources publiques qui soulève de sérieuses interrogations ».
« Pendant que les travailleurs attendent leurs salaires et que les bureaux de poste se dégradent, des dépenses importantes sont engagées pour la réfection de la villa de fonction du Directeur général pour un montant avoisinant cinquante millions de francs CFA », précise-t-il.
Il estime que le SNTPT dénonce également « l’utilisation abusive de certains moyens d’exploitation, notamment des véhicules de l’entreprise à des fins personnelles et familiales, alors même que des indemnités compensatoires sont déjà servies au Directeur général aussi bien pour son transport que pour son logement ».
« Le SNTPT considère que le Gouvernement ne peut donc rester indifférent à de telles interpellations. En sa qualité d’actionnaire unique, l’État ne peut rester spectateur pendant que cette entreprise publique s’enfonce dans une crise dont les conséquences pourraient devenir irréversibles. Mais au-delà de ces préoccupations, nous voulons aujourd’hui alerter la Nation sur les conséquences potentiellement dramatiques d’un effondrement de La Poste. La disparition ou l’affaiblissement durable de La Poste aurait un coût économique, social et politique considérable pour notre pays », dira M. Sarr.
Il conclut : « Nous demandons : la clarification immédiate de la vision de l’État pour La Poste ; la mise en œuvre effective et urgente des quinze mesures issues du Conseil interministériel ; la finalisation du processus de recapitalisation de l’entreprise ; le paiement sans délai des salaires des travailleurs ;l’ouverture d’un dialogue sincère et transparent avec l’ensemble des parties prenantes ;l’instauration d’une gouvernance responsable, exemplaire et conforme aux exigences de gestion des ressources publiques ».
Par Massaër DIA.




































