La lutte contre la pêche illégale passe aussi par une meilleure organisation des pêcheurs. À Pointe Sarène, l’Environmental Justice Foundation (Ejf) a annoncé que 779 pirogues ont été mises en conformité avec la réglementation grâce à son outil numérique DASE, qui facilite le suivi des embarcations et le respect des obligations légales. Une avancée saluée comme un levier de sécurité en mer et de gestion durable des ressources halieutiques.
Par Idrissa NIASSY
La pêche artisanale sénégalaise franchit une nouvelle étape vers une meilleure gouvernance. En misant sur la surveillance participative, la Direction régionale des pêches de Thiès, en collaboration avec l’Environmental Justice Foundation (Ejf) à travers son projet Global Toolkit, affirme avoir permis la mise en conformité de 779 pirogues en matière de permis de pêche pour l’année 2025-2026, et de port obligatoire des gilets de sauvetage.
Selon Ibrahima Lo, Chef régional de surveillance des pêches à Thiès, ces résultats ont été obtenus grâce au déploiement de DASE, un outil numérique qui associe les pêcheurs, les communautés et les autorités dans le suivi des embarcations. Il couvre 15 sites sur la zone côtière. « Le système facilite l’identification des pirogues en règle, renforce le contrôle des permis de pêche et encourage le respect des mesures de sécurité en mer », a-t-il déclaré lors d’une mission d’intégration des journalistes avec le soutien de Environnemental Justice Foundation sur le site de Pointe Sarène qui est une zone de reproduction.
Cette mission entre dans le cadre de la promotion de la gouvernance participative et de la transparence pour une gestion durable des pêches. Le projet montre également que les solutions numériques peuvent renforcer les capacités des services de contrôle tout en impliquant directement les pêcheurs dans la protection de leur principal moyen de subsistance. Pour lui, il a permis non seulement aux pêcheurs de se conformer à la réglementation, mais de procéder à l’immatriculation et à la pose de plaques des pirogues. « Cette application nous a permis de suivre un peu l’importance, l’ampleur de la pêche INN. Parce que c’était des photos, des prises de vue qui ont été directement envoyées à notre direction au niveau de la Dpsp et après analyse, ils nous ont donné des conseils et nous ont indiqué des pistes, pour lors des prochaines sorties, pouvoir vraiment essayer de mieux contrôler et de mieux appréhender les contrevenants », a-t-il ajouté. Ce projet a également permis de renverser la tendance en améliorant la taille des captures. Ce qui a permis de passer de la juvénile à une espèce de taille marchande. « On est passé de la juvénile 14 cm à une espèce de taille marchande de 22 jusqu’à 23 cm de la sardine. Et on est passé de la caisse de sardinelle de 4000 F Cfa à la caisse de sardinelle de 22 à 27 000 F Cfa Aujourd’hui », a souligné M. Lo.
Dans sa prise de parole, Gilbert Waly Ndiaye, Ingénieur des pêches, et Chargé de programme au niveau de l’Ong Environnemental Justice Foundation qui intervient dans la protection de l’environnement de façon globale, et dans la pêche au Sénégal, a fait savoir que le projet Global Toolkit financé par l’Union européenne intervient sur trois piliers. Le premier pilier concerne le renforcement de la surveillance participative. Le deuxième, quant à lui, intervient dans le renforcement des Clpa (Commissions de surveillance). Le dernier consiste à renforcer les organisations nationales.




































