La démarche du ministre de la Justice, Garde des sceaux est saluée par l’opinion. Me Moussa Sarr s’est rendu lundi soir incognito à la prison de Reubeus pour s’enquérir de manière objective, de la situation des détenus. Un procédé qui a plu.
Cette visite « inédite » est d’ailleurs saluée par Alioune Tine le fondateur d’Afrikajom Center. Selon l’organisation, cette démarche traduit « une volonté politique manifeste de changer la vie des détenus en milieu carcéral pour humaniser la justice et lui redonner du sens ».
Me Moussa Sarr n’est pas le premier ministre de la Justice à visiter les lieux de privation de liberté. Contrairement à ses prédécesseurs qui annonçaient leur visite, le temps de laisser à l’administration pénitentiaire de se préparer, l’actuel Garde des Sceaux s’est, lui, rendu inopinément à la prison de Reubeus, histoire de s’imprégner de la réalité des conditions de détention des prisonniers. Une méthode que ses collègues devraient adopter pour évaluer de façon objective les problèmes dans leur secteur respectif.
Des sources médiatiques ont relayé ce mardi la visite du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr qui a créé la surprise, le lundi soir, en se rendant à la Maison d’arrêt de Rebeuss, sans s’annoncer à l’avance. Selon une publication faite sur sa page Facebook, Me Sarr s’y est rendu aux environs de 21 heures, afin de s’enquérir « personnellement » des conditions de détention des pensionnaires, avec un intérêt particulier porté à la question du paquetage, qui alimente de nombreuses préoccupations.
Accompagné, entre autres, de son directeur de cabinet, du directeur des Affaires criminelles et des Grâces, du procureur général près la Cour d’appel de Dakar, des doyens des juges d’instruction des Tribunaux de grande instance hors classe de Dakar et de Pikine-Guédiawaye, du doyen des juges d’instruction du Pool judiciaire financier, du directeur général de l’Administration pénitentiaire ainsi que son conseiller technique, également porte-parole du ministère, le ministre a visité les chambres 3, 4, 9, 10, 14 et 43, réputées être les plus surpeuplées de la prison de Rebeuss. Selon lui, cette visite de terrain traduit sa volonté de suivre de près les conditions de détention dans les établissements pénitentiaires, de mesurer les difficultés auxquelles sont confrontés aussi bien les détenus que les agents pénitentiaires, et de poursuivre les réformes engagées pour une humanisation des prisons, dans le respect des impératifs de sécurité et de la dignité humaine.
Alioune Tine salue les premières initiatives du ministre
C’est au lendemain de cette visite que le fondateur d’Afrikajom Center, Alioune Tine, a rencontré le ministre. A l’occasion, il a salué les premières initiatives de Me Moussa Sarr, en faveur d’une réduction de la détention et d’une amélioration des conditions carcérales. Dans un communiqué publié à l’issue de cette rencontre, Alioune Tine a félicité le ministre pour la circulaire du 13 juillet 2026 demandant aux procureurs de « privilégier les modes alternatifs de différends » et de « favoriser le recours de la mise en liberté lorsque la personne offre des garanties suffisantes de représentation ». le Think Thank Africajom Center s’est également félicitée de la volonté exprimée par le président de la République de faire de la détention une exception. « Nous saluons cette volonté politique affirmée de la protection des Droits de l’homme et des libertés fondamentales et que le ministre entend mettre en œuvre », a fait savoir Alioune Tine.
Pour lutter contre la surpopulation carcérale, Afrikajom Center a rappelé au ministre la déclaration Selon laquelle « 25 milliards F CFA ont été dégagés pour construire deux nouvelles prisons de 25 000 places à Malicounda et à Louga en 2027 ».
Alioune Tine a, par ailleurs, proposé au ministre une loi sur la présomption d’innocence afin de « considérer la liberté comme la norme et la détention comme l’exception », ainsi qu’une réflexion sur « un usage plus rationnel des bracelets électroniques ».
Par Ibrahima DIOP

































