La partie espagnole citée dans l’affaire ASER ne voudrait pas qu’un juge mette son nez dans le dossier, selon le représentant de la République des Valeurs. Pour lui, c’est ce qui expliquerait la décision du directeur d’AEE Power de s’abstenir de répondre à la justice sénégalaise.
En attendant que la justice tranche, la bataille médiatique de l’affaire Aser se poursuit. Suite à la sortie de Me Kabou, avocat de José, patron de AEE POWER Espagne déclarant que son client ne répondra plus à la justice sénégalaise pour s’en remettre à la justice de son Pays, Tidiane Sall, le représentant de la République des Valeurs en France s’est prononcé sur les derniers développements de cette affaire En Espagne. Auteur de la plainte déposée en Espagne, il a accordé un entretien téléphonique à nos confrères de la RFM.
Selon le représentant de la République des Valeurs en France, la procédure espagnole « avance ». La plainte a été déposée le 19 janvier 2026. Dès le 24 février, le tribunal espagnol aurait reconnu, selon lui, sa qualité à agir et procédé à des réquisitions auprès de deux institutions impliquées dans le montage financier : Banco Santander, présentée comme la banque ayant financé l’opération, et l’agence espagnole chargée de garantir le crédit à l’exportation.
Des réponses obtenues, mais après plusieurs mois
Tidiane Sall affirme que Banco Santander a répondu à la réquisition judiciaire en transmettant les éléments demandés. En revanche, l’entreprise espagnole directement concernée par la procédure aurait tardé à répondre. D’après lui, il a fallu une seconde réquisition aurait pour que l’entreprise transmette finalement sa réponse, plusieurs mois après le début de la procédure.
Selon Tidiane Sall, la défense de l’entreprise ne porterait pas sur le fond du dossier, mais sur la recevabilité de la plainte. « Ils demandent à ce que l’Espagne classe le dossier parce que je n’ai pas qualité à agir », a-t-il confié à nos confrères la RFM. Il indique que la partie mise en cause contesterait principalement le droit de Tidiane Sall à saisir la justice espagnole, au motif qu’il ne serait pas lui-même l’autorité contractante ou la partie directement lésée. Pour le représentant de la République des Valeurs, cette stratégie pose une question de cohérence : « refuser de répondre à la justice sénégalaise tout en demandant parallèlement au juge espagnol de fermer la procédure ».
Dix chefs d’accusation au Sénégal
Selon lui, aux trois chefs initialement visés dans sa plainte, le parquet financier en aurait ajouté plusieurs autres, portant le nombre de qualifications évoquées à dix. Parmi les infractions citées par Tidiane Sall figurent notamment la corruption, le trafic d’influence, le blanchiment de capitaux et la prise illégale d’intérêts.
« Les 37 milliards ont été décaissé »
Revenant sur le décaissement des 37 milliards de francs CFA, Tidiane Sall estime que cette question ne ferait désormais plus débat. « Les fonds ont été décaissés alors que le projet d’électrification rurale n’avait pas encore démarré.
Concernant la décision de José qui, selon son avocat, a décidé de ne plus répondre à la justice sénégalaise en raison de l’existence d’une procédure ouverte en Espagne, préférant s’expliquer devant les juridictions espagnoles, Tidiane Sall estime qu’il s’agit d’une contradiction. « Ils ne veulent pas qu’un juge, ni en Espagne, ni au Sénégal, mette le nez dedans », a affirmé Tidiane Sall.
Une formule qui traduit la lecture très critique qu’il fait de la stratégie judiciaire de la partie adverse
C’est dans cette lancée que s’inscrit cette nouvelle sortie du Collectif Sunu 37 milliards. Prenant acte des déclarations de Me Patrick Gabou, avocat de José, selon lesquelles son client a décidé de ne plus répondre aux sollicitations de la justice sénégalaise et de privilégier la procédure engagée à Madrid, le collectif juge cette posture inacceptable. Selon l’organisation, cela « constitue une défiance manifeste à l’égard de la justice de notre pays ». « Nul justiciable, quelle que soit sa nationalité, sa position ou la nature du dossier dans lequel il est impliqué, ne peut décider unilatéralement de la juridiction à laquelle il veut ou non repondre », martèle le Collectif Suu 37 milliards dans un communiqué dont copie nous a été transmise hier.
« José ne peut pas tourner le dos à la justice sénégalaise »
Le Collectif rappelle que « José a luimême multiplié les initiatives judiciaires au Sénégal. Il a notamment été fait état des diversions avec la plaintes Seydou Kane devant le juge d’instruction avant de se désister pour insuffisance de preuve, la plainte sur la prétendue fausse quittance finalement abandonnée, la saisine du Tribunal de commerce concernant l’utilisation des attributs et du logo d’AEE Power, de la plainte contre l’honorable député Thierno Alassane Sall », cite le collectif. Il signale que « jamais José n’est allé au bout de ces procédures ».
Pour le Collectif Sunu 37 milliards, cette attitude du patron de AEE POWER ne saurait être banalisée.
« Le Pool judiciaire et financier doit se faire respecter »
Le Collectif appelle ainsi le Pool judiciaire et financier à ne pas laisser s’installer un précédent dangereux. « La justice sénégalaise doit être respectée.



































