Le Sénégal renoue avec le FMI
Le Sénégal et le FMI ont conclu un accord de principe pour un programme triennal d’environ 1 240 milliards de francs CFA. Ce, après deux ans d’intenses négociations.
Le FMI et le gouvernement du Sénégal ont enfin conclu un accord, deux ans après la troisième alternance. Ce, à l’issue de plusieurs navettes effectuées au Sénégal par le Fonds monétaire, après la divulgation, par le nouveau gouvernement dirigé alors par Ousmane Sonko, de la dette dite cachée.
C’est à l’issue de sa dernière mission qui avait démarré le 19 août que les deux parties se sont retrouvées. Le gouvernement sénégalais et le Fonds monétaire international (FMI) ont ainsi déclaré, ce mardi, à Dakar, être parvenus à un accord technique ouvrant la voie à la mise en œuvre d’un programme économique et financier de 2,2 milliards de dollars américains (environ 1 240 milliards de francs CFA), dans le but de redresser les finances publiques et de relancer l’économie du Sénégal.
« Le Sénégal et le Fonds monétaire international ont conclu un accord technique ouvrant la voie à un programme économique et financier de 2,2 milliards de dollars destiné notamment à soutenir la relance de l’économie et une gestion plus rigoureuse des finances publiques » du pays, a annoncé le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, lors de la conférence de presse tenu hier. D’après le ministre, le gouvernement a défini ce programme pour apporter des réponses aux préoccupations des populations. « Le programme servira en même temps à la relance de l’économie, à une gestion rigoureuse des finances publiques et à la réalisation de nos ambitions de développement », a déclaré Cheikh Diba.
Selon Cheikh Diba, l’accord technique conclu au terme du séjour d’une mission du FMI à Dakar ouvre une nouvelle dynamique des relations qu’entretiennent les deux parties. « Le gouvernement sénégalais cherche, dans les négociations avec le FMI, à rétablir progressivement son équilibre budgétaire, [à] améliorer le profil de la dette publique et [à] restaurer durablement les marges de financement de l’État, sans compromettre les fondamentaux de la croissance », a expliqué le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan.
D’après Cheikh Diba, le gouvernement veut progressivement réduire l’impact du paiement de la dette sur les finances publiques et allouer davantage de ressources aux investissements et aux services essentiels (éducation, santé, etc.)
Le plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS).
Le ministre de l’Economie, des Finances et du Plan a profité de l’occasion pour présenter le plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS). Il a, à cet effet, rappelé que cette année, 25 % des recettes de l’État servent à payer les intérêts de la dette. « Ce sont autant de ressources qui ne peuvent pas être immédiatement affectées à nos hôpitaux, à nos écoles, à notre agriculture, au soutien de nos entreprises, aux infrastructures ou à la protection sociale », a-t-il signalé.
« Le fait de payer une écrasante dette publique réduit également la capacité de l’État à résister aux chocs extérieurs et à financer les priorités nationales, ce qui justifie l’élaboration du PTDS », explique M. Diba, avant d’ajouter : « ce plan va servir à améliorer le profil de la dette à moyen et long terme, à réduire les vulnérabilités du pays liées à la dette publique et à restaurer la capacité de l’État à financer le développement ».
Selon lui, le PTDS va contribuer au règlement progressif des obligations de l’État envers ses fournisseurs et servira à réinjecter des ressources dans l’économie et à renforcer la trésorerie des entreprises du secteur privé. « Le gouvernement va mettre en œuvre le PTDS de manière ordonnée, responsable et transparente, avec la collaboration de ses partenaires », a affirmé le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan.
Toutefois, précise le FMI, l’accord reste soumis à l’approbation de la direction et du conseil d’administration du FMI. « Il nécessite la mise en œuvre de mesures correctrices avant l’approbation par le conseil d’administration », précise l’institution financière. « L’accord requiert également la réception des assurances de financement nécessaires de la part des partenaires du Sénégal », ajoute le FMI. L’économie sénégalaise est demeurée résiliente, car elle a réalisé une croissance de 6,7 % en 2025, après la première année de production pétrolière du pays, signale le FMI.
Il a toutefois, salué la détermination des autorités sénégalaises à remédier aux vulnérabilités relatives aux « informations erronées », concernant la dette du pays et le déficit public.
À la fin de sa mission, la délégation du FMI a rencontré, entre autres, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, et le premier président de la Cour des comptes, Abdoul Madjib Guèye. ‘’Les autorités sénégalaises et les services du FMI sont parvenus à un accord au niveau des services sur les principales politiques économiques qui pourraient sous-tendre un accord de trente-six mois au titre de la facilité élargie de crédit d’un montant d’environ 2,2 milliards de dollars’’, déclare le Fonds monétaire international dans un communiqué.
Par Dieynaba TANDIANG



































