À Oulan-Bator, en Mongolie, Dakar veut transformer la bataille contre la désertification en agenda mondial de résilience.
Deux semaines de négociations, de diplomatie environnementale et d’échanges scientifiques ont placé le Sénégal au cœur des discussions de la 17ème Conférence des Parties de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification (Unccd), à Oulan-Bator, en Mongolie. Sous l’impulsion du ministre de l’Environnement et de la Transition Écologique, Dr Aliou Gori Diouf, la délégation sénégalaise a défendu une ligne claire : face à l’aggravation des sécheresses, l’heure n’est plus à la gestion des urgences, mais à la construction d’une résilience durable. Le message porté par le Sénégal à cette Cop17 est sans ambiguïté. « Face à la sécheresse, nous ne pouvons plus nous contenter de réagir aux crises ; nous devons bâtir une résilience durable », a martelé la délégation sénégalaise.
Cette posture traduit une volonté de faire évoluer la réponse internationale : ne plus attendre que les sécheresses provoquent leurs dégâts pour intervenir, mais anticiper, restaurer les terres dégradées, renforcer les capacités des communautés et protéger durablement les écosystèmes. Durant les deux semaines de travaux, le Sénégal a ainsi multiplié les contributions techniques et scientifiques, tout en renforçant sa diplomatie environnementale.
Dakar au cœur des discussions stratégiques
La deuxième semaine de la conférence a été particulièrement dense. Plusieurs mécanismes et initiatives majeurs ont alimenté les discussions, notamment l’Idra, l’Idro, le Drif, le Rgdrp, le Riyadh Action Agenda, les Rangelands, les organisations de la société civile (Cso) et le Science-Policy Interface (Spi). Ces espaces de dialogue ont permis au Sénégal de défendre ses priorités nationales, mais également de partager son expérience en matière de restauration des terres et de résilience face aux épisodes de sécheresse. Pour Dakar, l’enjeu dépasse désormais la seule conservation des ressources naturelles. Il s’agit de protéger les moyens de subsistance des populations, particulièrement celles dont les activités dépendent directement des terres, de l’eau et des ressources pastorales.
La Cop17 aura également été l’occasion pour la délégation sénégalaise de consolider plusieurs partenariats de coopération internationale. Une offensive diplomatique destinée à mobiliser davantage de ressources, d’expertise et d’innovations pour répondre aux effets croissants de la dégradation des terres et de la sécheresse. Le Sénégal entend ainsi transformer son positionnement international en résultats tangibles sur le terrain. Car derrière les négociations diplomatiques se joue une bataille beaucoup plus concrète : celle de la restauration des terres dégradées, de la préservation des écosystèmes et de la sécurisation des moyens de subsistance des populations.
La Cop17 terminée, le véritable combat commence
Si le rideau est tombé sur la Cop17 à Oulan-Bator, Dakar veut désormais éviter que les engagements internationaux ne restent au stade des déclarations. La ligne défendue par le ministère de l’Environnement et de la Transition Écologique est claire : transformer les décisions prises au niveau international en politiques, programmes et actions concrètes au bénéfice des populations et des écosystèmes.
À travers cette Cop17, le Sénégal entend donc consolider son rôle dans la gouvernance mondiale de la sécheresse et de la lutte contre la désertification.
Le défi est désormais de faire descendre les engagements d’Oulan-Bator jusqu’aux territoires : des négociations aux plantations, des stratégies aux communautés, des promesses aux résultats.
Par Idrissa NIASSY



































