Depuis des mois, on assiste à une vague de démission au sein de la mouvance Pastef. Des dénonciations, des critiques bref, un vent de rébellion s’élève presque chaque jour. En guise d’illustration, on peut prendre les cas de Pape Alé, Capitaine Touré, Imam Ndiaye etc. Cette situation mérite quelques réflexions. Les personnes citées se battaient sans rien attendre en retour (on peut dire). Elles pouvaient tout obtenir si elles avaient choisi le Camp de Macky Sall. C’est pourquoi, beaucoup de sénégalais (et en particulier les pastefiens) avaient de la sympathie à leur égard. Même si tout le monde n’était pas d’accord avec leur combat, on les admirait pour leur conviction et leur principe de loyauté… Mais la politique a ses démons. L’exercice du pouvoir permet souvent de faire tomber les mythes. Celui que l’on croyait être le sauveur, l’homme providentiel ou le messie se heurte à cette réalité.
Après deux ans au pouvoir, le « miracle Sonko » ne s’est pas réalisé. Les contradictions, les fausses accusations, une gestion nébuleuse ou du moins douteuse etc. ont fini par créer une lassitude voire une désillusion. Les plus radicaux parmi ses partisans sont aujourd’hui devenus très critiques envers sa personne. En vérité, Sonko n’est pas simplement victime de ses promesses, sa mauvaise gestion de certains dossiers étatiques a contribué à sa « déchéance populaire ». Sans faire d’amalgame, cette situation rappelle, à bien des égards, celle d’Adolf Hitler. Le Führer avait des partisans fanatiques, prêts à donner leurs vies pour défendre la cause nazie. Certains se sont fait assassiner, d’autres sont allés en prison pour lui (c’est le cas de Hess Rudolf). Mais une fois au pouvoir, les plus fidèles ont changé de vestes pour remettre en cause les idées de ce dernier. Parmi les plus célèbres, nous avons Hermann Goering, Ervin Rommel, Himmler etc.
Sonko était presque un demi-dieu quand il était dans l’opposition. Même les politiciens cherchaient à se rapprocher de lui pour bénéficier de son « aura mythique ». Cependant, le Sonko au pouvoir n’a pas vraiment charmé à cause d’un bilan chaotique. C’est ce qui explique cette intrépidité de ses partisans ou alliés à le critiquer ouvertement et à dénoncer sa gestion. Dans un passé récent, celui qui osait dire du mal de lui, risquait d’être traqué ou menacé. Le pouvoir a brisé les ailes de Sonko. Les gens n’ont plus peur. La pusillanimité a cédé la place au courage. Les militants deviennent de moins en moins radicaux et acceptent enfin cette réalité : leur leader est un politicien comme les autres. Dès lors, on peut le quitter et changer de navire au gré du vent. Ce qu’on a vu de son passage à la primature n’est pas si reluisant pour espérer son retour au pouvoir en 2029 (si tant est qu’il soit candidat). Les conséquences de cette nouvelle donne sont multiples. Le jeu politique devient plus ouvert. Des chefs de partis comme Amadou Ba, Bougane, Khalifa Sall, et j’en passe, peuvent espérer revenir en force. Aussi, le président Diomaye aura de bonnes raisons de croire à ses chances pour 2029. Mais d’ici là, il faut montrer de véritables réalisations pour conquérir les cœurs…
Dr Malao Kanté


































