Le Collectif Sunu 37 milliards estime que le sieur Talla Diop, dont le nom devient redondant dans le dossier Aser, soit entendu par le parquet financier. L’interview de l’Espagnol José sur Walf quotidien et Walf quotidien apporte des éléments qui méritent une attention particulière dans le dossier des 37 milliards de francs CFA destinés à l’électrification rurale, selon le Collectif « Sunu 37 Milliards ».
Des faits qui, d’après ladite organisation, méritent que la responsabilité de M. El Hadji Talla Diop, dont le nom revient à plusieurs reprises dans le dossier, soit examinée par la justice. « Nous demandons donc au Pôle judiciaire et financier, qui a ouvert une information judiciaire, de procéder à sa convocation afin qu’il puisse s’expliquer sur les éléments qui le concernent », plaide le collectif « Sunu 37 milliards ».
Le Collectif relève notamment, d’après le communiqué qui nous est parvenue jeudi, des révélations préoccupantes sur l’utilisation de ces fonds et sur la manière dont les intérêts des contribuables sénégalais n’ont pas été suffisamment pris en compte. « Ces déclarations (de José) renforcent la nécessité de faire toute la lumière sur le circuit des fonds, leurs bénéficiaires et leur utilisation ».
« Nous, Collectif Sunu 37 Milliards, notons également que, malgré les accusations portées de part et d’autre contre notre compatriote Seydou Kane, celui-ci apparaît aujourd’hui comme le grand perdant de cette affaire », note-t-on dans le communiqué. Le Collectif rappelle en effet que Kane a effectué plusieurs démarches et pris en charge plusieurs dépenses liées au dossier, notamment l’enregistrement du contrat avec exonération au Centre des grandes entreprises ; le paiement de la redevance à l’ARCOP ; le paiement des experts. « Or, comme nous le savions déjà et comme cela ressort de l’interview de José, l’Espagnol affirme aujourd’hui n’avoir payé aucun montant à Seydou Kane pour les démarches et le travail effectués dans le cadre de ce marché », relève le collectif Sunu 37 milliards.
La quittance au cœur de l’affaire
C’est la raison pour laquelle, il pense qu’il appartient à la justice d’établir les responsabilités et de déterminer avec précision qui a reçu les fonds, qui les a utilisés et à quelles fins.
S’agissant de la fausse quittance, le Collectif estime que les déclarations de José soulèvent de sérieuses interrogations à savoir pourquoi, dans toute la procédure accomplie par Seydou Kane, seule cette quittance, dont l’origine et les conditions d’établissement ? Fait-elle l’objet de telles spéculations? « Cette interrogation est d’autant plus importante que, jusqu’à cette interview de José, celui qui avait engagé les démarches et effectué plusieurs paiements affirme n’avoir reçu aucun paiement de la partie espagnole », souligne le communiqué.
Pour le Collectif Sunu 37 Milliards, l’origine, les conditions d’établissement, la circulation et l’utilisation de cette quittance doivent impérativement être établies par les autorités judiciaires compétentes.
L’élément nouveau révélé par cette interview, selon le Collectif, est l’évocation par José Ángel González de la possibilité qu’un budget soit voté à l’Assemblée nationale afin de permettre un paiement ou une rallonge, alors même que le marché d’électrification concerné était présenté comme entièrement financé par la banque Santander. Et de préciser que « le contrat ne prévoyait pas, dans son montage initial, une implication financière de l’État du Sénégal ».
Cette révélation, appelle, pour le Collectif, des explications précises, notamment si le financement du marché était intégralement assuré par Santander, pourquoi serait-il nécessaire de solliciter une rallonge ou une intervention budgétaire de l’État du Sénégal ?
« Autre élément troublant : le passage dans lequel José cite Ousmane Sonko, ancien Premier ministre, figure dans la version publiée par Walf Quotidien, alors qu’il n’apparaît pas dans la version diffusée par Walf TV. Le Collectif estime que cette différence entre les deux versions mérite d’être clarifiée », dit le communiqué.
Le collectif Sunu 37 milliards souligne que cette sortie médiatique du Directeur de AEE Power SAU précédant le communiqué du parquet financier annonçant l’instruction de l’affaire et les exonérations liées au marché avaient déjà été accordées en 2024 sous l’ancien ministre des Finances, Moustapha Bâ. « Ces éléments chronologiques doivent être intégrés à l’analyse du dossier afin d’éviter toute confusion sur les responsabilités et sur les différentes étapes de la procédure », plaide-t-on dans le communiqué. Le Collectif rappelle que son combat demeure « exclusivement » orienté vers la défense des intérêts des contribuables sénégalais et la manifestation de la vérité dans cette affaire. Il s’est, en outre, félicité de l’initiative du Pôle judiciaire et financier.
Par Ibrahima DIOP





































