Construite pour offrir aux familles un lieu digne où conserver leurs défunts, la morgue de Kartiack demeure inutilisable. Faute d’un réfrigérateur mortuaire de six compartiments, les corps continuent d’être transportés vers d’autres localités. Pour mettre fin à cette situation éprouvante, les populations lancent un appel pressant à la solidarité afin de mobiliser les 6 millions F Cfa nécessaires à l’achat de l’équipement.
Par Idrissa NIASSY
Le bâtiment est là, électrifié, équipé en plomberie, et doté de toilettes fonctionnelles. Il est entièrement construit. Mais la morgue de Kartiack, un village situé dans le département de Bignona, plus précisément dans le Blouf, reste désespérément vide de sa mission. L’infrastructure, construite pour soulager les familles dans les moments les plus douloureux, ne peut toujours pas fonctionner faute d’un équipement essentiel : un réfrigérateur mortuaire.
Peuplé de deux communautés religieuses distinctes (musulmans et chrétiens), les habitants de ce village continuent de vivre un véritable parcours du combattant lorsqu’un décès survient. Les dépouilles doivent être acheminées vers des structures situées hors de la commune, comme l’hôpital de Thionck-Essyl, entraînant des dépenses supplémentaires, des retards dans l’organisation des obsèques et une souffrance accrue pour les familles endeuillées.
Pour sortir de cette impasse, le Comité de gestion et les populations, sous la houlette de Pape Ismaïla Badji, président de l’Association pour le développement de Kartiack, lancent un appel solennel aux bonnes volontés. L’objectif est de réunir 6 millions F Cfa, le montant nécessaire pour acquérir un réfrigérateur de corps d’une capacité de six compartiments et rendre enfin la morgue opérationnelle. « Au-delà de l’équipement, c’est une question de dignité humaine qui est posée », a-t-il déclaré.
Avant d’ajouter : « doter la morgue communautaire de Kartiack d’un réfrigérateur de corps permet d’assurer une conservation temporaire digne et hygiénique des défunts ». C’est pourquoi, les habitants de Kartiack appellent les autorités, les ressortissants du village, les entreprises citoyennes, les partenaires au développement et tous les mécènes à se mobiliser afin que cette infrastructure cesse d’être un symbole d’espoir inachevé et devienne un véritable service public au bénéfice de toute la communauté.
Cette infrastructure, une fois fonctionnelle, permettra à la population de Kartiack qui est de 2 541 individus résidents, soit 32 % de la population totale de la commune avec 7 962 habitants, d’en bénéficier. Elle permettra aussi aux villages voisins situés dans la zone du poste de santé de ce village d’en tirer profit. Selon Pape Ismaïla Badji, la gestion de la morgue sera assurée par un Comité local mis en place par la communauté. Pour assurer la pérennité du service, une tarification symbolique et sociale sera mise en place. « Les fonds récoltés serviront à couvrir les frais d’entretien du matériel, d’électricité, de l’eau, et des autres dépenses courantes », a-t-il expliqué. Des sessions de formation sur la maintenance préventive seront également mises en place.
La forte mobilisation des habitants de Kartiack pour améliorer leur quotidien est un fait établi. Ce projet vient donc soutenir cet élan en dotant la morgue de l’équipement final qui la rendra pleinement opérationnelle. Ce que M. Badji confirme d’ailleurs : « à Kartiack, l’urgence n’est plus de construire la morgue : elle existe déjà. L’urgence est désormais de lui donner les moyens de remplir sa mission ».




































