Avec un investissement de 1,6 milliard F Cfa, le Centre national antipoison (Cnap) inaugure un laboratoire de toxicologie et de pharmacologie clinique entièrement modernisé. Équipé de technologies de pointe, il permettra de détecter les drogues, pesticides, métaux lourds et autres substances toxiques, tout en renforçant la sécurité sanitaire, la justice, la lutte antidopage et la protection de l’environnement.
Le gouvernement du Sénégal, à travers le ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique, franchit un cap dans la surveillance des intoxications et des risques chimiques. Le Centre national antipoison (Cnap) a officiellement lancé, mercredi, les activités de son Laboratoire de toxicologie et de pharmacologie clinique (Ltpc), entièrement réhabilité et équipé grâce à un investissement global de 1,6 milliard F Cfa, financé dans le cadre du Projet de réponse à la Covid-19.
Pour le Directeur du Cnap, le Pr Mamadou Fall, cette inauguration constitue « un moment historique » pour l’établissement. « Le lancement des activités du laboratoire vient combler un déficit technique majeur. Grâce à sa réhabilitation complète et à l’acquisition d’équipements scientifiques de dernière génération, le Ltpc s’impose désormais comme un laboratoire de référence nationale aux standards internationaux », a-t-il déclaré, lors de la cérémonie officielle de lancement des activités du laboratoire de toxicologie et de pharmacologie clinique du Centre national antipoison et de remise de camions à la Dem et à l’Arp.
Selon lui, les travaux ont porté sur la réhabilitation des infrastructures à hauteur de 300 millions de F Cfa, tandis que le renforcement du plateau technique a mobilisé 1,27 milliard de F Cfa, en deux phases successives. Le nouveau laboratoire dispose désormais d’équipements capables d’identifier, en quelques minutes, des substances toxiques jusque-là difficiles à détecter au Sénégal. Parmi ces technologies figurent la spectroscopie infrarouge, la chromatographie en phase gazeuse et liquide couplée à la spectrométrie de masse, ainsi qu’un spectromètre dédié au dosage des métaux lourds comme le plomb, le mercure, l’arsenic ou le cadmium. « Face aux urgences hospitalières et aux intoxications aiguës, nos spécialistes disposent enfin de la puissance technique nécessaire pour fournir des analyses fiables et un conseil d’expert indispensable à la prise en charge thérapeutique », a souligné Pr Fall.
Au-delà des intoxications
Le Directeur du Cnap insiste sur le caractère multidisciplinaire de cette nouvelle plateforme. Le laboratoire interviendra désormais dans la santé publique, les expertises médico-légales, la sécurité routière à travers les contrôles d’alcool et de drogues au volant, le sport avec la détection des substances dopantes conformément aux normes de l’Agence mondiale antidopage, mais aussi dans la surveillance des contaminants alimentaires et environnementaux ainsi que dans la santé au travail. Cette montée en puissance élargit considérablement le champ d’action du Centre national antipoison, appelé à devenir un acteur majeur de la veille sanitaire nationale.
Deux laboratoires mobiles remis aux services de santé
La cérémonie a également été marquée par la remise de deux camions spécialisés, d’une valeur globale de plus de 965 millions F Cfa, destinés à l’Agence sénégalaise de réglementation pharmaceutique (Arp) et à la Direction des équipements et de la maintenance (Dem). Ces laboratoires mobiles renforceront les capacités d’intervention sur le terrain en matière de contrôle sanitaire et de maintenance biomédicale. Pour Pr Mamadou Fall, ces investissements traduisent une même ambition : « qu’il s’agisse d’analyser les substances dans notre laboratoire fixe ou de déployer les technologies de contrôle sur le terrain, c’est tout l’écosystème de la santé sénégalaise qui gagne en résilience ». Il a enfin salué le soutien du gouvernement du Sénégal, de la Banque mondiale et de l’Organisation mondiale de la santé (Oms), estimant que « chaque franc investi renforce notre souveraineté sanitaire et notre réactivité face aux urgences épidémiologiques ». Avec ce laboratoire de nouvelle génération, le Sénégal se dote d’un outil stratégique appelé à jouer un rôle central dans la protection de la santé des populations, la lutte contre les intoxications et le renforcement de la sécurité sanitaire nationale.
L’Oms et la Banque mondiale réaffirme leur engagement à accompagner le Sénégal
Prenant la parole tour à tour, les Représentants de l’Oms et de la banque mondiale au Sénégal ont réaffirmé leurs engagements à accompagner le gouvernement du Sénégal dans la mise en œuvre de ses priorités, telles que sont définies dans la stratégie nationale de transformation du système de santé 2006-2034, mais aussi à bâtir un système de santé plus fort, plus équitable, plus résilient, au bénéfice des générations présentes, mais également des générations futures. « Notre responsabilité collective est d’aller au-delà du financement de projets isolés, de renforcer la coordination, favoriser les complémentarités et investir dans les capacités nationales pérennes, qui continueront de produire des résultats bien après la fin des projets », a déclaré le Dr N’da Konan Michel Yao, Représentant Résident de l’Oms au Sénégal. Pour lui, nous ne célébrons pas seulement la réhabilitation complète d’un laboratoire et sa dotation en équipements scientifiques de dernière génération. « Nous posons ensemble une pierre de plus à l’édifice de la sécurité sanitaire », explique-t-il.
Cet équipement qui va contribuer à renforcer le contrôle qualité des médicaments dans tout l’étendue du territoire national, est une contribution certaine au maintien du niveau de maturité 3, mais également de l’atteinte du niveau de maturité 4 et de l’Agence de réglementation », a déclaré pour sa part, Aïda Gadiaga, Représentante de M. Djibrilla Issa, Directeur de division de la Banque mondiale au Sénégal, empêché. Pour elle, cette acquisition est une contribution certaine pour garantir la qualité et la continuité des soins.
Vers la fin d’un important déficit technique
Venu présider la cérémonie de lancement des activités du laboratoire de toxicologie et de pharmacologie clinique du Centre national antipoison, le ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, le Pr Ibrahima Sy, a fait savoir que l’infrastructure qui vient d’être inaugurée est un levier majeur pour renforcer la sécurité sanitaire, améliorer la prise en charge des intoxications et consolider la souveraineté scientifique du Sénégal. « La mise en service du laboratoire met fin à un important déficit technique grâce à une réhabilitation complète de l’infrastructure et à l’acquisition d’équipements scientifiques de dernière génération », at-il déclaré. Pour lui, ce véritable joyau technologique permettra de répondre plus efficacement aux intoxications environnementales, professionnelles, médicamenteuses et alimentaires, tout en renforçant l’expertise médico-légale, la pharmacovigilance et la sécurité sanitaire. « Ces équipements permettront respectivement de rapprocher les activités de contrôle de la qualité des médicaments des zones les plus éloignées et d’assurer une maintenance plus rapide des équipements biomédicaux dans les structures sanitaires », a-t-il conclu.
Par Idrissa NIASSY





































