Parrain de la promotion 2026 des ingénieurs polytechniciens, le ministre des Infrastructures, Dethié Fall a rappelé aux récipiendaires l’importance de leur mission dans le développement du Sénégal. Il a insisté sur « le respect absolu du triptyque coût, délai ». Il s’est exprimé à l’occasion de la cérémonie de fin de formation des Ingénieurs et diplômés de l’École Polytechnique de Thiès. Il a profité de l’occasion pour exhorter les ingénieurs fraîchement sortis d’école de rejeter la corruption sous toute ses formes.
Le ministre des Infrastructures a exhorté les ingénieurs sortant de la promotion 2026 de l’École Polytechnique de Thies à rejeter toute forme de corruption. « Qu’elle soit monétaire, relationnelle etc. Un ingénieur corrompu est un danger public. Il n’est plus un professionnel, il est une menace », a-t-il déclaré. Déthié Fall a rappelé aux ingénieurs « le respect absolu du triptyque coût, délai ». Il a lancé cet appel lors de la cérémonie de fin de formation des ingénieurs et diplômés de ladite institut de formation dont il est le parrain. « Dans le secteur des Infrastructures, je constate chaque jour à quel point notre pays et notre continent ont besoin de cette rigueur », a déclaré le ministre des Infrastructures, lui-même ancien pensionnaire de cette école.
Qu’il s’agisse de concevoir des ponts résilients au changement climatique, de moderniser nos réseaux routiers et ferroviaires, de planifier des villes intelligentes ou d’assurer la souveraineté énergétique et numérique, votre savoirfaire est assurément le moteur du développement de nos territoires dans un contexte où les défis de notre temps ne sont plus seulement que techniques mais aussi d’ordres managérial, environnemental économique et humain », a-til relevé.
Pour M. Fall, l’ingénieur n’est pas seulement celui qui conçoit le monde de demain ; il est aussi celui qui le livre de manière responsable. « Dans l’exercice de futures fonctions, que ce soit dans le secteur public ou privé, vous serez confrontés à la réalité du terrain. Et sur le terrain, mon intime conviction est qu’une seule doctrine doit gouverner vos projets : je veux parler du respect absolu du triptyque coût, délai, qualité », a-t-il exhorté les nouveaux ingénieurs. Et de souligner que « La notion de coût signifie que chaque franc CFA, chaque ressource optimisée est une plus-value pour notre collectivité et pour nos structures. En effet, l’ingénierie moderne n’est pas une surenchère technique mais plutôt l’art d’apporter la solution la plus performante au juste coût ».
«Le respect des échéances est la première marque de votre professionnalisme»
En ce qui concerne le délai, dit-il, force est de relever que dans le processus de développement d’un pays, le temps perdu ne se rattrape jamais. « Un chantier qui prend du retard, c’est une école ou un centre de santé qui n’ouvre pas, une route qui ne désenclave pas un territoire, une économie qui patiente. Le respect des échéances est la première marque de votre professionnalisme », a laissé entendre le ministre des Infrastructures. « Quant à la qualité, a rappelé Déthié Fall, elle constitue votre signature collective ». « Les infrastructures que nous bâtissons aujourd’hui doivent survivre aux modes et résister au temps. C’est notre rigueur dans la conception des ouvrages qui en sera la seule garante. En effet, il est important de souligner que l’ingénieur polytechnicien est, avant tout, un homme ou une femme de méthode. Le calcul ne ment pas. La physique ne négocie pas. Vos décisions engageront des vies, des capitaux publics, des pans entiers du territoire national. Vous n’aurez pas le droit à l’approximation. La rigueur ne doit pas être une contrainte extérieure : elle doit devenir une seconde nature, un réflexe professionnel ancré dans chacune de vos démarches et décisions.
Au-delà du respect de la doctrine du triptyque coût-délai, qualité, je voudrais vous inviter à porter en bandoulière la dimension la plus cruciale de notre métier d’ingénieur : je veux parler de la déontologie et de l’éthique. Les principes déontologiques fondamentaux que je vous demande de graver en vous sont notamment : L’honnêteté intellectuelle et technique : ne jamais certifier ce que vous n’avez pas vérifié, ne jamais valider ce que vous savez faux.
La confidentialité et le respect du secret professionnel : les informations sensibles dont vous serez dépositaires engagent des intérêts vitaux. Traitez-les avec la discrétion qu’elles méritent. La loyauté et l’indépendance de jugement : restez loyal à votre employeur mais sans complaisance car votre avis technique doit demeurer libre, fondé sur la science et non sur le conformisme ou l’intérêt personnel », a conseillé le ministre.
« Assumer sa responsabilité, c’est refuser la culture de l’excuse et de l’esquive » Il a également exhorté les ingénieurs à rejeter toute forme de corruption. « Qu’elle soit monétaire, relationnelle etc. Un ingénieur corrompu est un danger public. Il n’est plus un professionnel, il est une menace ». Vos œuvres dureront des décennies. Concevez-les avec la conscience que la terre que vous aménagez appartient aussi à vos enfants et petits fils. La culture de la responsabilité. Ingénieur, vous serez souvent décideur. Un pont, un barrage, un immeuble, un réseau routier, une entreprise de production, un système informatique, aéronautique à mettre en place : derrière chaque réalisation, il y aura une signature, et derrière cette signature, une responsabilité civile, pénale et morale. Assumer sa responsabilité, c’est refuser la culture de l’excuse et de l’esquive. Ayez toujours le courage de dire : ‘’j’ai fait ceci en âme et conscience et dans l’intérêt supérieur de la nation donc j’assume’’.
L’esprit d’innovation et d’adaptation. Le monde évolue à une vitesse vertigineuse. L’intelligence artificielle, les énergies renouvelables, les infrastructures résilientes face au changement climatique, votre génération d’ingénieurs devra penser les solutions de demain avec les outils d’aujourd’hui. Ne vous enfermez jamais dans les certitudes du passé. L’ingénieur moderne est curieux, adaptable, ouvert au monde. Vous avez été formés, pour la plupart, grâce aux ressources de la Nation. Cela crée une dette – pas financière, mais morale. Une dette envers le peuple qui vous a portés jusqu’ici. Vos compétences sont au service du développement national, de l’amélioration des conditions de vie de nos concitoyens. Ne l’oubliez jamais », a exhorté le ministre.
Par Dieynaba TANDIANG



































