Les membres de la Coopérative d’Habitat And Tabaax Keur (CHATAK) ont organisé une visite le samedi 8 septembre 2026 de site au Lac Rose pour dénoncer le blocage de leurs terrains par le projet de prolongement et de construction de la VDN.
« Nous vous avons convié à cette rencontre pour livrer une énième communication à l’endroit de l’opinion publique mais également et surtout en destination des autorités de l’Etat relativement aux retards inexpliqués de la prise en charge des personnes affectées par le Projet de prolongement et de construction de la VDN », a laissé entendre M. Saliou Gningue, secrétaire administratif de la coopérative.
Selon M. Gningue, la Coopérative d’Habitat And Tabaax Keur (CHATAK) rassemble plus de cinq cent cinquante (550) travailleurs de La Poste, unis autour d’un idéal commun :« un postier, un toit »
Il rajoute : « Propriétaire de deux sites traversés par le Projet de prolongement et de construction de la VDN, la CHATAK est prise en otage par les lenteurs constatées dans l’exécution de ce projet. Une situation particulièrement préoccupante, qui perdure depuis plus de quatre (4) ans et continue d’éprouver durement nos membres, déjà confrontés à la situation éprouvante que traverse notre entreprise la Société Nationale La Poste. Les sites en question sont acquis à titre onéreux au prix d’énormes sacrifices, dans le strict respect des textes et des procédures qui administrent la matière foncière. Les lotissements sont autorisés, réceptionnés et certifiés conformes par les autorités compétentes et les services techniques habilités ».
Il estime que consciente de l’importance stratégique du projet de prolongement de la VDN pour le développement de notre pays, la Coopérative a toujours adopté une posture patriotique et républicaine en privilégiant la voie du dialogue avec les services et les autorités concernés par ce projet. Et dans cet esprit et au regard de la gravité de la situation, le bureau de la Coopérative a multiplié, sans succès à ce jour, les démarches auprès des autorités administratives et services techniques compétents.
Il a tenu à préciser qu’en sus de ces actions, sur notre demande, une question écrite relative aux multiples changements opérés sur le tracé du projet de la VDN et à la prise en charge des impactés, a été adressée au Gouvernement par l’Honorable Député Guy Marius Sagna. « Malheureusement, malgré ces multiples démarches entreprises, force est de constater qu’aucune solution concrète n’a encore été apportée aux préoccupations légitimes et urgentes de la Coopérative et de ses membres », dira-t-il.
Il poursuit : « Et pourtant, le décret n°2022-24 du 11 janvier 2022 déclarant le projet d’utilité publique est sans équivoque et fixe un délai de trois (03) ans pour l’expropriation des titres fonciers existants. Ce délai est aujourd’hui largement dépassé sans qu’aucune mesure ni acte ne soit pris en direction des impactés ».
Blocage des constructions sur les terrains
Cette situation est d’autant plus préoccupante que les sites concernés ont déjà fait l’objet de travaux de viabilisation intégralement financés par les travailleurs eux-mêmes, à travers la Coopérative. Plusieurs membres ont même entrepris la construction de leur logement, mobilisant à cet effet des crédits bancaires ou leurs indemnités de départ à la retraite. Des travailleurs sont malheureusement décédés dans l’attente d’une issue favorable, laissant leurs familles dans le dénuement, faute de toit.
De nombreux autres membres, ayant contracté des engagements financiers auprès des banques pour la construction sur des terrains aujourd’hui bloqués, se trouvent exposés à des difficultés importantes. Les ayants droit, à l’instar des responsables de la Coopérative, ne disposent à ce jour d’aucune visibilité sur le sort qui sera réservé à leur dossier », souligne M. Gningue.
Ils interpellent le Gouvernement en général et les Ministères concernés par ce projet en particulier à engager sans délai les mesures appropriées pour la prise en charges des personnes impactées. Les membres de la coopérative sollicitent le Président de la République pour un examen approfondi de cette situation et la prise de décision afin d’abréger cette interminable attente par une réparation juste des lourds préjudices causés par ce projet à ces travailleurs de la Poste.
Par Massaër DIA



































