Décidément le tandem au pouvoir ne semble pas être sur la même longueur d’ondes en ce qui concerne les fonds spéciaux ou encore fonds politiques.
Chaque jour, les révélations de part et d’autre éclaire de plus en plus sur l’usage de ces fonds. Après la sortie du président de l’Assemblée Nationale, Aminata Toure, la superviseure nationale de Kiiraye revient à la charge et cette fois-ci, c’est pour faire un déballage sur les agissements de l’ancien Premier Ministre de Diomaye Faye qui prône aujourd’hui la transparence sur ces fonds dits secrets ou encore politiques. « Pour ce qui concerne les fonds spéciaux, appelés fonds secrets par certains, fonds politiques par d’autres, ce qu’il faut savoir, c’est que le Premier ministre était bien détenteur de fonds secrets. J’ai lu tout à l’heure le décret de 2004 relatif aux fonds sur la Casamance, intitulé “Fonds Jamm”, qui est géré par le Premier ministre. Ce fonds s’est élevé à 2 milliards F CFA l’année dernière, à 1,7 milliard comme il (Ousmane Sonko) l’a indiqué lui-même, et il demandait une rallonge », a martelé Mimi Touré, tout en soulignant que l’article 4 dudit décret, stipule que ces fonds ne font pas l’objet de justification.
« Des fonds qui ne sont pas justifiés, ça s’appelle des fonds secrets ou des fonds politiques. Donc, il a bien bénéficié de fonds politiques non justifiables, alors qu’il déclarait qu’un bon musulman ne saurait toucher à des fonds publics qui ne seraient pas l’objet de vérification ou de justification », crache-t-elle.
Revenant sur l’utilisation de ces fonds comme indiqué par l’ancien Premier Ministre de Diomaye, Aminata Toure estime que les dépenses que celui-ci a évoqué (achat de véhicules et réfection du building administratif) n’ont rien à voir avec la Casamance. «Qu’est-ce que cela a à voir avec la paix en Casamance», se demande-t-elle.
« Ousmane Sonko a aussi oublié de dire qu’il bénéficiait des fonds spéciaux du président de la République »
Concernant les allégations le président de Pastef faisant allusion à elle, Aminata Toure n’en a cure. « Si c’était une attaque personnelle, je n’allais pas répondre. Mais quand ces attaques visent à atteindre le président de la République, à manipuler l’opinion et à déstabiliser l’État du Sénégal, cela mérite une réponse », a martelé Aminata Touré.
Elle a, par ailleurs invité Ousmane Sonko à s’expliquer sur l’utilisation des fonds spéciaux qu’il aurait dépensés depuis deux ans. « Ousmane Sonko a aussi oublié de dire qu’il bénéficiait des fonds spéciaux du président de la République. Pas une fois, pas deux fois, pas trois fois, pas quatre fois ! Ces mêmes fonds qu’il pourfend aujourd’hui, en disant qu’ils doivent être strictement réservés aux questions de défense et de sécurité et qu’ils devraient être contrôlés par l’Assemblée nationale», a révélé la haute représentante du Chef de l’Etat Bassirou Diomaye Faye.
Par ailleurs, la superviseure de Kiiraay estime que le Premier ministre (Ahmadou Al Aminou Mohamed Lô) est dans son droit de saisir le Conseil constitutionnel sur la question du contrôle des fonds de l’exécutif.
Aminata Toure rappelle toutefois que, selon elle, le contrôle des dépenses de l’exécutif relève du cycle budgétaire. « Quand on exécute, on programme, on exécute et on contrôle. C’est le cycle de gestion. Il ne semble pas le savoir. L’Assemblée nationale doit attendre la loi de règlement de N+1 pour demander des comptes sur les fonds et les lignes budgétaires qui ont été votés. C’est comme ça que ça se passe », a-t-elle indiqué.
La superviseure nationale du parti présidentiel alerte l’opinion sur la prolifération des discours « toxiques », de la « désinformation » et « d’attaques ciblées visant à déstabiliser le président de la République ».
Pour la Haute représentante du président de la République, la virulence de certaines prises de parole dépasse le cadre classique de l’opposition politique pour s’inscrire dans une entreprise d’atteinte à l’autorité de l’État. Elle souligne que la légitime confrontation des idées ne doit pas servir de prétexte à la diffusion d’accusations non étayées visant le chef de l’État.
Pointant du doigt les risques de désinformation qui l’ancienne Premier Ministre avertit : «une chose est claire, c’est que désormais nous ne laisserons personne, disons bien personne, intoxiquer l’opinion, et ça je m’adresse aussi aux jeunes, nous faisons cet exercice-là aussi pour la population d’une manière générale, mais pour les jeunes aussi ». Pour finir, Aminata Touré a déclaré que la majorité répliquera désormais de manière « systématique » sur le plan politique et juridique pour défendre l’honneur des responsables publics et protéger l’opinion contre toute tentative d’intoxication.
Par Ibrahima DIOP

































