La Chambre de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture de Dakar (CCIAD), a organisé ce mercredi 16 septembre 2026 un Grand-Débat économique sur les Partenariats public-privés (PPP). Opérateurs économiques, décideurs et représentants de l’administration ont passé au peigne fin le thème : « Les Partenariats Publics Privés (PPP) au Sénégal : Stratégies et Pratiques ».
M. Abdoulaye Sow, Président de la CCIAD, a souligné : « Mesdames et Messieurs les Présidents, votre présence à ce Grand Débat Économique revêt une portée toute particulière. Elle traduit l’engagement constant du secteur privé sénégalais aux côtés des pouvoirs publics dans la construction d’une économie forte, compétitive, innovante et créatrice d’emplois. En proposant ce thème, l’Institution consulaire de Dakar a voulu, une nouvelle fois, jouer pleinement son rôle en direction du secteur privé et contribuer au renforcement du dialogue entre les pouvoirs publics et les entreprises ».
M. Sow estime que ce thème nous interpelle directement parce qu’il se situe au croisement de trois impératifs : mobiliser davantage de ressources, accélérer la transformation économique de notre pays et garantir une utilisation efficace et durable des ressources publiques.
Il poursuit : « Au Sénégal, leur encadrement juridique a connu une évolution importante avec la loi n° 2021-23 du 02 mars 2021 relative aux contrats de partenariat public-privé. Cette réforme ouvre de nouvelles perspectives, mais soulève également un certain nombre de questions pour le secteur privé national. D’abord, il faut saluer l’option du Sénégal de faire des partenariats public-privé un accélérateur de la réalisation de ses infrastructures et de mobilisation de capitaux pour son développement. La Chambre de Commerce de Dakar soutient pleinement cette orientation. Cependant, elle se pose une question essentielle : dans les projets PPP qui seront réalisés au Sénégal, quelle est réellement la place qu’il faut donner au secteur privé national ? Certes nous devons attirer les investisseurs étrangers pour réaliser nos projets. Mais également, nous devons utiliser les PPP pour construire un secteur privé plus fort, mieux capitalisé et capable de conquérir les marchés africains et internationaux ».
Il conclut : « Nos entreprises ont aussi un savoir-faire mais hélas, pas toujours la capacité financière, les garanties et la taille critique permettant de compétir valablement avec les grands groupes internationaux. Dès lors, il ne suffit pas de dire au secteur privé national : « Participez aux PPP ! », « il faut également lui donner les moyens d’y participer ». Pour cela, chaque grand projet de PPP doit comporter un plan de participation du secteur privé national adapté avec notamment, des objectifs précis de sous-traitance locale, de transfert de technologie, de création d’emplois et surtout de participation au capital ».
M. Baïdy Agne, souligne : « Je pense que le sujet qui nous réunit aujourd’hui est un sujet de très, très grande importance parce qu’il s’agit de des partenariats public-privé. Je disais tout à l’heure au Président Abdel Kader… il a commencé à parler des PPP et puis, par la suite, évoquer, je pense, les lois de contenu local. Je pense que vous avez raison parce que même dans le cadre des PPP, le souci quelque part, comme défini aujourd’hui, les lois définissaient un minimum de de pourcentage, je pense, c’est quoi 34%, 33 % pour dire que ça doit avoir le contenu local. Certains d’entre nous, nous pouvons évoquer… nous pensons, bien sûr ça c’est un minimum, mais nous pouvons aspirer à avoir le 100 % des PPP. C’est ça, à mon sens, les objectifs que nous devons avoir ».
Il poursuit : « Mais pour cela, il est clair qu’il nous faut aussi développer nos capacités propres. Si le secteur privé n’a pas de capacités, il ne peut pas engager des projets qui sont chiffrés à des centaines de milliards. Donc il faut de la capacité, et comment après gérer notre capacité et la solidarité que nous devons avoir ? ».
M. El Hadji Amadou Ndiaye, expert financier, Responsable du Pôle Administration de l’Unité Nationale d’Appui aux PPP (Unappp), avance : « L’UNAPPP a pour mission, entre autres, d’accompagner les autorités contractantes, les autorités publiques à l’échelle centrale, les collectivités territoriales, mais également les sociétés, agences et programmes. Donc, la mission qui est assignée à l’UNAPPP est vraiment d’accompagner la préparation, la structuration, la passation, mais également le suivi de l’exécution des projets de partenariat public-privé ».
Par Massaër DIA



































