Le Delta du Saloum et la partie côtière de la Basse Guinée, deux écosystèmes similaires, sont gravement menacés par le changement climatique. Face à ce fléau, le Pr Saliou Ndour, Enseignant-chercheur à l’Institut de recherche sur le patrimoine et en linguistique appliquée à Conakry, dans une interview accordée à Lii quotidien, appelle le Sénégal et la Guinée à nouer un partenariat sincère qui leur permettra d’être efficaces dans la lutte pour la protection et la valorisation du patrimoine.
Lii quotidien : Pr Saliou Ndour, les sites patrimoniaux des deux territoires peuvent-ils être valorisés dans le cadre d’une coopération régionale ?
Pr Ndour : Oui, je le pense sincèrement, parce que dans la lutte pour la protection et la valorisation du patrimoine, il faut nécessairement que les pays cherchent à nouer un partenariat pouvant leur permettre d’être très efficaces et aussi d’échanger en quelque sorte des expériences. Je pense que, c’est ça le but et nous sommes dans le même cadre. Surtout qu’en parlant du delta du Saloum et de la Guinée, c’est à peu près le même écosystème, du point de vue du patrimoine naturel mais également du point de vue du patrimoine culturel.
Quels sont aujourd’hui les principaux défis qui menacent ces patrimoines naturels et culturels ?
Pour ce qui est de la Guinée, le principal problème c’est l’exploitation minière, parce que ce sont des sites qui recouvrent énormément de ressources minières et sont exploités par les Chinois, par d’autres nationalités, ce qui pose problème. Donc, la difficulté qui se pose, c’est de pouvoir concilier la valorisation, la protection du patrimoine et également l’exploitation de ces sites-là. Parce que, du point de vue économique, cela rapporte à ces pays-là. C’est intéressant.
Dans le cadre de la lutte contre le changement climatique, les réponses apportées par le Sénégal et à la Guinée peuvent-elles être mutualisées ?
Oui, tout à fait. Mais je pense que la Guinée est moins atteinte que le Sénégal. En tout cas, quand on regarde l’écosystème tel qu’il fonctionne, la Guinée est beaucoup plus à l’abri du phénomène. Mais je pense qu’à la longue, il y a des risques. Et d’ailleurs, c’est la raison pour laquelle on parle aujourd’hui du patrimoine en péril, surtout au niveau du mont Nimba, qui est inscrit, mais qui est un patrimoine en péril, compte tenu du fait qu’il y a l’exploitation minière, comme je l’ai dit tantôt, et si on ne prend pas garde, évidemment, ça va engendrer le changement climatique et tout ça.
Quelles initiatives communes ces deux pays peuvent développer pour protéger la biodiversité, promouvoir les langues et renforcer l’écotourisme entre ces territoires ?
Je pense qu’il y a un rôle très important à jouer, parce que cela suscite du point de vue de création de richesses, mais également du point de vue de création d’emplois, etc. C’est quelque chose de fondamental. Et je pense qu’ils ont tous intérêt, de mon point de vue, à juguler le phénomène. Pour cela, il faut une synergie entre ces différents États, de sorte que l’on puisse véritablement serrer les rangs, mais également se donner la main pour pouvoir arriver justement à juguler ce problème-là.



































