Le scandale autour du projet d’électrification rurale de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER) est loin d’avoir livré tous ses secrets. Alors que les procédures se poursuivent, plusieurs protagonistes sont cités, faisant émerger une question centrale : qui savait quoi, qui a fait quoi et à quel moment ? C’est ce que révèle le communiqué du « collectif sunu 37 milliards ».
Le collectif sunu 37 milliards estime que le positionnement du directeur général de l’ASER, Jean Michel Sène, fait notamment débat. Et le Dg a adopté depuis le début une posture d’avocat envers l’espagnol José au détriment du sénégalais Seydou Kane en tant que mandataire et prestataire du marché Une chronologie qui interpelle.
Le collectif précise que : « En tant que Directeur général, Jean Michel Sène a rencontré Seydou Kane le 2 août 2024. Ce dernier l’avait alerté de mener des investigations par rapport à la validité des garanties bancaires mais également l’utilisation de l’avance sur le démarrage versée à l’espagnol ».
Il estime que Jean Michel Séne nous révèle que c’est Saidou Kane qui lui a appris que Aee PowerEpc a dépensé presque l’intégralité des 37 milliards.
Et trois jours plus tard, le 5 août, le DG de l’ASER a écrit à José afin d’obtenir des éclaircissements sur les dépenses et le solde disponible.
Le 7 Août l’Espagnol José d’Aee Power Epc répond par un mépris comme il l’a fait au pool judiciaire financier de ne pas fournir les informations demandées sur les 37 milliards Le 27 août, une nouvelle étape a été franchie jean Michel Séne nous annonce la renégociation du contrat avec Aee power Epc l’espagnol qui refuse de livrer des informations sur les 37 milliards d’avance.
D’après le collectif, cette chronologie soulève une interrogation : comment les relations entre les différentes parties ont-elles évolué jusqu’à cette rupture ?
Surfacturation et fausse quittance
« Le dossier s’est également complexifié avec des accusations portant sur une éventuelle surfacturation et une prétendue fausse quittance. Ces éléments ont notamment figuré dans une note d’information que Jean Michel Séne avait adressée à Birame Souleye Diop qui , par contre dans sa lettre confidentielle adressée le 26 Août au premier ministre d’alors Ousmane Sonko avait manifesté une position de neutralité et de médiation », mentionne-t-on dans le communiqué du collectif.
Mais quels éléments matériels permettent de les établir ?
Toujours d’après le collectif, dans une affaire aussi sensible, il importe de distinguer les accusations des faits judiciairement établis. Et les investigations devront donc déterminer la réalité des faits et les éventuelles responsabilités.
« Autre élément à éclaircir : certaines accusations ne semblent pas avoir occupé la même place dans les déclarations publiques de José, notamment lors de son passage sur Walf quotidien, il n’a jamais évoqué une quelconque surfacturation contrairement aux accusations précédemment avancées par jean Michel Séne qui, dans sa conférence de presse accusait Saidou Kane de surfacturation sur les poteaux en béton facturés à 1 million à l’unité au lieu de 200 mille entraînant une surfacturation de 15 milliards 300 millions. Plus encore José reconnaît dans cette interview le rôle central joué par le sénégalais Saidou Kane dans la conduite des différentes procédures administratives liées au projet », renseigne le document.
Des responsabilités politiques évoquées
Le dossier comporte également une dimension politique.
Lors de son interview avec Walf Quotidien, José a évoqué l’implication du premier ministre Ousmane Sonko, affirmant que celui-ci, suite à une initiative a donné les exonérations à caractère administratif que prévoit le contrat comme une de ses obligations. Aussi, il y’a t-il un budget au niveau de l’Assemblée nationale qui va permettre, au-delà de la disponibilité du financement de payer. Une partie importante et inquiétante introuvable dans la version Walf Tv.
Le cas El Hadji Talla Diop
D’après le collectif, une question fondamentale demeure : dans quelle intention cette quittance délivrée par le centre des grandes entreprises est-elle vérifiée au niveau du centre fiscal de Dakar-Liberté, qui n’est pas le service compétent pour une telle vérification ?
Qu’il soit clairement établi le rôle d’Elhadji Talla Diop dans cette affaire qui s’agit de copie de quittance plutôt de l’original.
Où se trouve l’original ? Quelle administration l’a délivré ? Quel service l’a authentifié ? Et sur quelle base technique a-t-il finalement été qualifié de faux ?
Quid aussi de Abass Fall, maire de Dakar et ancien ministre, dont le nom est également apparu dans les éléments entourant le dossier d’où la réponse méprisante de l’ancienne ministre de l’action sociale « ABASS YAA TAAY ».
L’Agent judiciaire de l’État en question Autre interrogation : le rôle de l’Agent judiciaire de l’État.
Dans le dossier Aser, l’AJE s’était constitué partie civile dans une affaire pourtant relevant initialement de relations entre acteurs privés.
Depuis l’implication du Pool financier, l’AJE a complètement disparu du dossier.
Une clarification permettrait de comprendre la stratégie judiciaire retenue dans ce dossier.
Les Sénégalais attendent des réponses
Le collectif estime qu’au fil des mois, le dossier ASER a accumulé les noms, les versions contradictoires et les interrogations.
Mais au-delà des personnes citées, l’essentiel demeure : des ressources publiques considérables sont en jeu et des populations attendent toujours les bénéfices des projets d’électrification rurale.
Les questions sont donc simples : où sont passés les fonds ? Pourquoi le projet n’a-t-il pas produit les résultats attendus ? Qui a pris les décisions déterminantes ? Et quelles responsabilités devront finalement être retenues ?
Tant que ces réponses ne seront pas apportées, le dossier des 37 milliards de l’ASER restera une affaire aux nombreuses zones d’ombre.




































